jeudi 28 juin 2012

Une nuit à l'abbaye et la photo de la semaine


Ce samedi 23 juin, nous prenons la route de Fontevraud et c'est dans l'abbaye," la cité idéale", que nous passons une journée jusqu'au bout de la nuit !
A chacune de nos visites nous faisons de nouvelles découvertes aussi bien du côté de l'architecture des lieux, fort bien entretenus et restaurés dans le respect  des origines que du côté des animations qui se suivent d'année en année avec une certaine maestria ! 



Nous avions programmé notre temps en choisissant quatre animations au fil des heures du jour et de la nuit :











Une conférence historique avec Jacques Dalarun et Paul Thibaud (Gilles Kepel était absent). "La démocratie, une invention permanente, du monastère à aujourd'hui".



 Un concert avec la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton qui se déroula aussi dans l'abbatiale, à la tombée de la nuit.



Une conversation sous les étoiles (dommage Hubert Reeves n'a pas pu venir !)




Contes des 1001 nuits avec la compagnie de la lune rousse




Théâtre équestre avec Bartabas et Le Caravage, au lever du jour derrière l'abbatiale



Au cours de nos déambulations, nous assistions  aussi :

A l'inauguration et son buffet de bienvenue, près du jardin aux simples, annoncée par une fanfare





Au spectacle pyromusical avec les tambours de la Muerte (compagnie Transe-Express)

Il y avait aussi des films projetés en plein air, dans les caves on pouvait assister à un concert électronique…





Une exposition de Claude Ponti, auteur et illustrateur majeur de la littérature jeunesse, exposition de maisons à cuire, fabriquées en terre par des enfants du foyer des Tourelles, venus chaque mercredi du printemps à l'abbaye…
 Plusieurs installations plastiques comme celle de Claude Lévêque "mort en été" (dans le dortoir), "la nuit" ou celle d'Elise Morin et Clémence Eliard (dans la cuisine romane).


 Installation plastique de Claude Lévêque


Et pour tenir jusqu'au petit matin, cuisine au feu de bois ou pique-nique, le midi étaient proposés,  le soir un dîner servi sur des grandes tables sous les arbres, pris en commun, des lits de camps étaient à disposition et




prendre son petit déjeuner, préparé devant le réfectoire après avoir suivi le lever du soleil et une fabuleuse lumière qui éclaira les pierres de l'abbatiale, en compagnie de Bartabas et son cheval…







Vivre une nuit à Fontevraud, dans le mystère et l'histoire des pierres fut une belle expérience que je vous encouragerais de faire à partir du 11 juillet.




La vie nocturne à l'abbaye royale, une autre vision de son histoire à découvrir!!! Des moments magiques, de silence, des instants de grâce, jalonnèrent cette  nuit…
Quelques suppléments d'information par les Boggans, !



Aliénor d'Aquitaine, son gisant

Pour ma participation à la photo de la semaine avec Amartia je vous propose celle-là prise dans mon jardin !


lundi 25 juin 2012

Visite de nuit


Ma participation cette semaine à la photo de la semaine, en compagnie d'Amartia et les autres copinautes... Pardonner ce retard, j'arrive en direct de ce lieu  :

 Je vous en dirai plus une autre fois...


mardi 19 juin 2012

Rencontre


Ayant laissé trop de jours avec d'autres découvertes à Paris, les évènements s'enchaînent à vitesse grand V en ce mois de juin, je ne peux restituer "mon" festival de St Malo avec les étonnants voyageurs, dans son entier mais je tiens à vous parler d'une belle rencontre que j'attendais…



Je voulais découvrir le dernier opus d'Ananda Devi,  auteure mauricienne, ayant déjà lu "le sari vert". J'ai trouvé son intervention un peu courte, partageant le plateau avec une auteure iranienne, Chahdortt Djavann, qui m'a vivement interpellée aussi, dans sa réflexion de femme écrivain et Patrick Declerck, écrivain belge, ancien psychanalyste, autour du thème "En nom propre".




Ananda Devi, raconte dans son livre, "Les hommes qui me parlent" (que je n'ai pas encore lu mais il est en bonne place sur ma pile !) ses difficultés d'épouse, de mère écrivain dont le fils la dénonce comme mauvaise mère. Une femme qui vit et qui écrit, mariée depuis 30 ans,  elle a toujours pensé à écrire pour se délivrer de sa timidité maladive (elle a écrit son premier recueil de poèmes à 19 ans). Division de deux femmes, celle qui vit docilement et celle qui écrit, celle-là même qui provoque l'autre et la pousse à réfléchir sur elle-même.



"Pour écrire il faut se démultiplier, se laisser habiter par ses personnages, souvent pour ne plus savoir qui l'on est, on devient alors sa propre fiction et puis on ressent un terrible besoin de se retrouver." Les mots, l'écriture la protègent…
Avoir le courage de rompre, casser les masques pour être elle-même.



"Être artiste c'est être autiste", une seule lettre différencie ces deux mots, une phrase d'écrivain, dit-elle, mais cette prise de mots a fait partie de sa reconstruction. Il fallait que les hommes l'écoutent aussi…



 Cette délivrance par les mots n'a pas suffi à réconcilier les hommes qui l'entourent, "les hommes qui me parlent" et qui n'écoutent jamais… Barrière de verre ou de fer entre ces hommes et ces femmes, femmes qui deviennent hystériques, névrosées, d'où leur rage de vivre et ce besoin d'écriture. Solitude des femmes qui se libèrent des hommes qui les musèlent… L'écriture crée alors un bouleversement dans sa vie.



Ananda Devi m'est apparue comme une femme très douce, très sensible dont la violence des mots doit être encore présente dans ce dernier livre, tellement est forte sa conviction de se libérer d'un poids qui lui pèse depuis son enfance, son éducation et les traditions de femme soumise…



En tout cas l'envie de lire son dernier opus était bien là, à la fin de ce café littéraire, pour deux raisons : Parce que j'avais bien aimé lire son roman "Le sari vert" qui avait fait revivre en moi des souvenirs de ces îles au milieu de l'océan indien  et des femmes que j'ai eu l'occasion d'y rencontrer et par son écriture qui avait résonné en moi comme son propos le fait ici !

samedi 16 juin 2012

Dans les nuages...


 A Montmartre, avec Amartia pour la photo de la semaine !!!!

lundi 11 juin 2012

Gris, gris, tout était gris ce jour-là

  
au quartier de La Défense :









 Nous voulions simplement rencontrer le neveu de mon mari, là, exactement là où il travaille comme pompier-infirmier...


samedi 9 juin 2012

Bleu, bleu

Bleu, bleu le ciel et la mer ...


Voilà ma photo de la semaine ! Amartia n'est pas loin !!!! Ici !

mercredi 6 juin 2012

En compagnie des étonnants voyageurs



 En cette belle fin de semaine ensoleillée de la Pentecôte, comme depuis plusieurs années, nous nous rendions à Saint Malo, au festival "des Étonnants voyageurs". Nous avions même prévu les chapeaux de paille pour aller d'un point à un autre dans la ville !
Je ne vous présenterai pas tout mon programme, tellement il fut intense, ce fut trois journées bien remplies. "Bon, cette fois on fait "cool" ! Disions-nous avant de partir…


Entre les cafés littéraires, dans la salle du grand large, les différentes interventions à l'école de la marine,  à l'hôtel du nouveau monde, au théâtre Chateaubriand… Ce fut un vrai festival et je vous raconterai, à l'aide de quelques photos, mes rencontres ou découvertes.




 D'abord, une intervention convaincante d'Eric Orsenna avec son humour sympathique. Il nous présenta son dernier opus "la route du papier", (que tout le monde a lu sauf moi !) avec une verve absolument érudite et vécue, de la naissance du papier en Chine, en passant par le Japon, la Corée, Saint Marcande, l'Italie, Grenoble (centre technique du papier) Montgeron et le faux-monnayeur, Nanterre où se trouve l'office des contrefaçons… Et tout cela avec maintes anecdotes et maints détails.




Il termina par l'évocation des carnets de Pasteur, découverte qui le fait encore frémir aujourd'hui puisqu'il occupe son ancien siège à l'Académie.
Son prochain livre aura pour thème la mer, nous a-t-il dit, puisqu'il part, je crois, avec une très grande navigatrice, Isabelle Autissier.






Un bon moment passé aussi avec Carole Martinez et son "Du domaine des murmures" (que j'ai lu !) Elle nous rappela de joyeuse façon, qu'il lui fallu quatorze ans pour écrire son premier livre  "le cœur cousu" et deux mois pour le voir filer des bacs des libraires…
Elle adore entendre son lecteur raconter son livre mais puisqu'elle se trouve là pour en parler… Elle a laissé son héroïne deux cents pages dans son "trou" alors qu'elle pensait ne la laisser là qu'une trentaine de pages ! Au début de l'écriture, elle ne pensait pas parler de maternité, de relation filiale mais seulement de murmures de six femmes enfermées dans ce même trou noir…



Et puis la maternité est venue s'inscrire sur ces murs. Son héroïne l'a ressentie, la première fois, sur la pointe des seins   contre les murs de sa prison. Toutes ces sensations d'enfermement, elle est allée les vivre dans un  vrai château, qu'elle avait  tout d'abord construit sur le papier. Ou du moins, elle s'est inspirée du château de Montal près de St Céré (j'en garde un très beau souvenir !), nommé "château de la maternité" construit en 1523 par une femme, Jeanne de Balzac qui se croyait stérile. Elle le destinait à son fils aîné, Amaury, qui, parti à la guerre, ne revint pas vivant. Vous ne manquerez sans doute pas de remarquer les mots "Plus d'espoir", que la malheureuse mère fit graver sous une des lucarnes du bâtiment." Il y a l'aile des vivants et l'aile des morts et une tour…



Six femmes sont passées par ce château, dont Jeanne de Balzac et Esclermonde (celle qui éclaire le monde) et il ne reste que leurs murmures. Elle les a imaginées puis dessinées.
Carole Martinez avait pensé pour le titre de son livre "ne vois-tu rien venir" puis " le soupir de la sainte et les cris de la fée" (vers de Gérard de Nerval)…
Le "domaine des murmures", ça fait un peu "pinard" a pensé un de ses amis et les filles  ont pensé à une saga… Elle choisit alors "Du domaine des murmures"
Le thème de la femme qui refuse, une recluse, qui était déjà le thème de son "cœur cousu", une femme enfermée dans sa cuisine. Dans celui-là, dès le départ, elle voulait l'enterrer vivante comme dans les contes orientaux (déjà dans "le lait de la mort" chez Yourcenar) où l'on prie sans aucune issue, (voir  les dames du 12e de Georges Duby, les pèlerins faisaient passer les messages de recluses en recluses.
Puis elle nous parla de la fenestrelle, petite fenêtre avec des barreaux, métaphore très forte, qui est devenue l'unique orifice de la recluse (sa bouche, son sexe).
La pierre allait enfanter. Un ventre de chair enfermé dans un ventre de pierre qui lui-même est enfermé en moi nous confie Carole Martinez. Je trouve cette image incroyable. Et vous ?




La prochaine fois je vous conterai, une belle rencontre que j'ai faite aussi cette année, l'auteure mauricienne Ananda Devi. A bientôt !