mardi 30 juillet 2013

Les petites cabanes


En quittant le village de Coutainville où la brocante battait son plein, nous prenions le chemin de Gouville sur Mer pour voir si les petites cabanes étaient toujours là…


Où se trouve Gouville me direz-vous ? Sur la côte ouest du Cotentin, en face des îles de Jersey, une grande plage de sable et des dunes où ont été construites les fameuses cabanes, aux toits de différentes couleurs. Elles datent des premiers bains de mer, dit-on.





Du parking de la plage, prendre le chemin de la dune et retrouver avec plaisir les petites cabanes aux toits colorés. Ce jour-là, il n’y en avait qu’une occupée par une famille, la marée étant basse…

Car en effet, à marée basse, on peut apercevoir de grands parcs ostréicoles, c’est d’ailleurs « la capitale de l’huître de pleine mer » !










Et on peut apercevoir entre deux cabanes le phare du Sénéquet.





samedi 27 juillet 2013

Le déluge pour une photo de la semaine !


C’était à Caen lundi passé, nous sortions, enfin, nous allions sortir du musée quand soudain un orage saisissant se faisait entendre sur le toit du musée et qu’une pluie battante envahissait le devant du musée, de la grêle, une tempête de vent incroyable faisait valser les branches des arbres, des cascades d’eau se mirent à couler des escaliers des remparts du château… Bref, un gros moment d’inquiétude…
Et nous allions voir quoi exactement, une histoire d’eau, oui,  « un été au bord de l’eau » dans le cadre du festival des impressionnistes en Normandie. Voir le lien ici.
Nous sortions donc de là, les pieds dans l’eau, jusqu’à la voiture, trempés et heureusement on réussissaient à sortir de la ville sans encombre. Déjà les sirènes des pompiers se faisaient entendre dans les rues inondées… Ceux qui ont regardé les informations ont dû voir ces images, impressionnant et malheureusement il y a eu beaucoup de dégâts matériels.
Une très belle exposition que je recommande si vous passez par là en vous souhaitant une sortie plus calme !!!

Les autres participants sont avec Amartia ici.

 En attendant derrière les vitres....



 Un déluge je vous dis....


 D'autres ciels avant orage....



                                Une surprise ce soir-là...



D’autres ciels dans la semaine correspondants à une période plus estivale ensoleillée avec malgré tout des couleurs de ciel orageux, comme il se doit, quand les températures atteignent des sommets…













 Hier soir...



Un orage a éclaté cette nuit...

mardi 23 juillet 2013

Entre la pleine floraison des roses et l’arrivée des hortensias, une saison musicale qui s’annonce encore une fois très alléchante…





 Le seul concert, dans le cadre du festival des chorales de Polyfollia que nous avons suivi dans l’abbatiale de Saint Fromond fut une vraie surprise pour nous deux. le choeur taïwanais de Täpei nous offrit une succession de chants menés de main de maître par un chef de chœur énergique et d’une très grande concentration… Les voix s’envolaient dans une totale harmonie, elles parlaient de nature, de pluie, de ciel, d’oiseaux… !!!





Puis ce fut le premier concert de http://lesheuresmuses.blogspot.fr/ que vous commencez à bien connaître chers lecteurs de ce blog…
Et c’est Jérémie Rhorer, effectivement, qui de sa baguette (qu’il tient avec une haute et légère dextérité) dirigea un requiem de Mozart avec « le Cercle de l’harmonie » et le chœur « Les éléments ». Le dernier requiem de Mozart que j’avais écouté en « live »  à la basilique de Longpont sur Orge, en  1985 ou 86 m’avait laissé un beau souvenir avec un brin de tristesse. Je retrouvais ce soir-là, dans l’abbatiale de Lessay une émotion intacte mais avec « un petit plus » comme une victoire de la vie, de la foi sur la mort…




Ce que je retiendrai aussi, lors de la première partie, c’est le duo entre le premier violon, Julien Chauvin, qui co-dirige aussi le Cercle de l’Harmonie depuis son origine en 2005, et l’orchestre dans le concerto n°5, le plus connu de Mozart. Julien Chauvin, est certes, un virtuose du violon mais quel danseur aussi !!!!


L’ouverture de Don Giovani fut une belle introduction à ce premier concert…




Et comme chaque année, (on fête les 20 ans des Heures Musicales de Lessay), le programme est de grande qualité comme l’édition écrite toujours admirable de ce même programme !

Une programmation qui augure une belle saison musicale !
 Si vous me lisez, Monsieur et Madame Janson, encore merci à vous et encore grâce à vous nous passerons un bel été !





Très bel été à vous qui passez

samedi 20 juillet 2013

Photo de la semaine mystère


Avec Amartia et toutes mes copinautes, voici ma photo de la semaine, prise hier soir ! Je ne vous en dirai pas plus !!!! A bientôt ! 

J'anime la rubrique

mardi 16 juillet 2013

Dimanche festif à Bayeux


Pour cette 27ème édition des Fêtes Médiévales, Bayeux a vécu encore un fois au rythme du Moyen-Age autour de la Cathédrale.

Les spectacles de rues ont enchanté une foule disparate, les troubadours, jongleurs, chevaliers, princesses ou fées en costumes médiévaux ont fait vibrer les cœurs !!!

De nombreuses démonstrations d’artisanat  comme les tailleurs de pierres, les fabricants d’arcs et de flèches, les boulangers, les dentellières, les potiers, les forgerons ont attiré beaucoup de curieux. Les drôles de monstres sur des échasses ont donné quelques frayeurs aux enfants et même aux adultes. Malheureusement je n’ai pas assisté au défilé qui est toujours haut en couleurs, je vous laisse découvrir ce dimanche festif avec un poème en prose de Charles Beaudelaire qui m’a été inspiré par une figure très expressive d’un de ces personnages fantasmagoriques qui déambulaient dans les ruelles de la ville… 



Partout s’étalait, se répandait, s’ébaudissait le peuple en vacances. C’était une de ces solennités sur lesquelles, pendant un long temps, comptent les saltimbanques, les faiseurs de tours, les montreurs d’animaux et les boutiquiers ambulants, pour compenser les mauvais temps de l’année.




En ces jours-là il me semble que le peuple oublie tout, la douleur et le travail ; il devient pareil aux enfants. Pour les petits c’est un jour de congé, c’est l’horreur de l’école renvoyée à vingt-quatre heures. Pour les grands c’est un armistice conclu avec les puissances malfaisantes de la vie, un répit dans la contention et la lutte universelles.







L’homme du monde lui-même et l’homme occupé de travaux spirituels échappent difficilement à l’influence de ce jubilé populaire. Ils absorbent, sans le vouloir, leur part de cette atmosphère d’insouciance. Pour moi, je ne manque jamais, en vrai Parisien, de passer la revue de toutes les baraques qui se pavanent à ces époques solennelles.






Elles se faisaient, en vérité, une concurrence formidable : elles piaillaient, beuglaient, hurlaient. C’était un mélange de cris, de détonations de cuivre et d’explosions de fusées. Les queues-rouges1 et les Jocrisses2 convulsaient les traits de leurs visages basanés, racornis par le vent, la pluie et le soleil ; ils lançaient avec l’aplomb des comédiens sûrs de leurs effets, des bons mots et des plaisanteries d’un comique solide et lourd comme celui de Molière.








 Les Hercules, fiers de l’énormité de leurs membres, sans front et sans crâne, comme l’orang-outang, se prélassaient majestueusement sous les maillots lavés la veille pour la circonstance. Les danseuses, belles comme des fées ou des princesses, sautaient et cabriolaient sous le feu des lanternes qui remplissaient leurs jupes d’étincelles.








Tout n’était que lumière, poussière, cris, joie, tumulte ; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux. Les enfants se suspendaient aux jupes de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre, ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu. Et partout circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture qui était comme l’encens de cette fête.





Au bout, à l’extrême bout de la rangée de baraques, comme si, honteux, il s’était exilé lui-même de toutes ces splendeurs, je vis un pauvre saltimbanque, voûté, caduc, adossé contre un des poteaux de sa cahute ; une cahute plus misérable que celle du sauvage le plus abruti, et dont deux bouts de chandelles, coulants et fumants, éclairaient trop bien encore la détresse







Partout la joie, le gain, la débauche ; partout la certitude du pain pour les lendemains ; partout l’explosion frénétique de la vitalité. Ici la misère absolue, la misère affublée, pour comble d’horreur, de haillons comiques, où la nécessité, bien plus que l’art, avait introduit le contraste. Il ne riait pas, le misérable ! Il ne pleurait pas, il ne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas ; il ne chantait aucune chanson, ni gai ni lamentable ; il n’implorait pas. Il était muet et immobile. Il avait renoncé, il avait abdiqué. Sa destinée était faite.







Mais quel regard profond, inoubliable, il promenait sur la foule et les lumières, dont le flot mouvant s’arrêtait à quelques pas de sa répulsive misère ! Je sentis ma gorge serrée par la main terrible de l’hystérie, et il me sembla que mes regards étaient offusqués par ces larmes rebelles qui ne veulent pas tomber.
Que faire ? À quoi bon demander à l’infortuné quelle curiosité, quelle merveille il avait à me montrer dans ces ténèbres puantes, derrière son rideau déchiqueté ? En vérité, je n’osais ; et, dût la raison de ma timidité vous faire rire, j’avouerai que je craignais de l’humilier. Enfin, je venais de me résoudre à déposer en passant quelque argent sur une de ses planches, espérant qu’il devinerait mon intention, quand un grand reflux de peuple, causé par je ne sais quel trouble, m’entraîna loin de lui.
Et, m’en retournant, obsédé par cette vision, je cherchai à analyser ma soudaine douleur, et je me dis : Je viens de voir l’image du vieil homme de lettres qui a survécu à la génération dont il fut le brillant amuseur ; du vieux poète sans amis, sans famille, sans enfants, dégradé par sa misère et par l’ingratitude publique, et dans la baraque de qui le monde oublieux ne veut plus entrer !


Charles Baudelaire