jeudi 30 avril 2015

Chemins de fils et de mots

Rencontre entre une plasticienne et l'auteur d'Un cœur cousu, au Musée de Bayeux (MAHB)

A l'occasion de l'exposition "Chrysalides de dentelle, des installations de Marjolaine Salvador-Morel, le MAHB a organisé mercredi soir une rencontre entre la plasticienne et Carole Martinez. Rencontre fort sympathique, spontanée ou naturelle et tellement vivante qu'il me fallait vous en donner un bref aperçu !




 L'affiche

 Si je ne sais pas coudre, nous dévoila Carole M, je réussis tout juste à raccommoder, "par contre je réussi mieux à coudre au stylo" ! Et Marjolaine de nous dire, "moi, mes mots je les tisse avec mes fils" ! Le ton était donné !


Carole Martinez nous lit entièrement le paragraphe de la vierge nue où il question d'un cœur que Frasquita a brodé… Je me laisse envahir par l'émotion et même par la beauté du texte lu.
Je n'ai pas encore lu "Le cœur cousu", elle me l'a dédicacé et j'ai hâte de l'ouvrir maintenant.




"Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre ; le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... 
Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels... 
Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses ou cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie." (Quatrième de couverture, chez Gallimard, collection blanche) Il existe en poche.



Pour Marjolaine, le livre "le cœur cousu" fut une révélation. Sa mère étant dentellière, elle fut bercée dans les fils, si présents depuis sa tendre enfance…



Le cœur de Marie, c'est exactement autour de celui-ci que se rejoignent et l'œuvre de la plasticienne et le livre de l'auteur…



Et Carole de nous raconter qu'elle voulait que son héroïne ait du talent. " J'ai imaginé l'Espagne imaginaire de mon arrière arrière arrière grand-mère. Les femmes de cette époque comme depuis la nuit des temps, n'avaient pas les mots pour garder ces recettes de brodeuses ou dentellières, la transmission se faisait oralement uniquement.


Dans le Sud de l’Espagne, au début du XIX  e siècle, les femmes d’une même famille se transmettent de génération en génération des prières millénaires ainsi qu’une mystérieuse boîte.




 Carole nous confie qu'elle a mis 14 années à écrire son livre, forte d'un désir de petite fille, imaginer et raconter la vie de son arrière, arrière, arrière grand-mère, née en Espagne … Les femmes n'avaient que le fil pour s'exprimer. Comme la dentelle, son livre est une œuvre de patience, "je relis 36 fois, je retire un paragraphe entier que je remettrais un jour dans un autre livre, recommencer, tout doit être cohérent… Patience de dentellière."


"Le désir d'écrire dure longtemps pour un livre comme pour un homme. Je laisse monter le désir et je me lâche dans l'écriture…"
Le roman est un bloc de marbre, chaque partie doit s'intégrer parfaitement dans le cercle, idée de l'artisan qui monte son œuvre comme l'écrivain,  dans la forme du roman" C M

 Le passage des casseroles dans la cuisine a été la "graine" du livre, nous dit Carole M. Je vous en écris un extrait :


"Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes ! " 


 Écrire un texte à l'aiguille, le texte comme le textile… Quand Ulysse est revenu vers Pénélope qui brodait, était-elle un peu Homère ?


Marjolaine a voulu dessiner des bijoux, à 13 ans, à 15 ans, elle s'attarde sur des dessins en blanc proposés par des religieuses d'Argentan. Elle fait connaissance avec un travail traditionnel de dentellière, aux fuseaux, aux aiguilles…
En 2006, une expérience de dentelle qu'elle exécute pour des non-voyants lui fait employer le fil de nylon, d'où les installations que l'on peut palper !

Faire un croquis puis vient le temps de la contemplation, se perdre dans son jardin de 600m2, son esprit s'en imprègne, les traits arrivent et le projet global se concrétise. Une démarche qui est de l'ordre du sacré, de la spiritualité comme "la canne des anges" ou bien sûr "le cœur de Marie"…



 Deux chemins se sont croisés ce soir là à Bayeux et je suis certaine que les voix des deux artistes résonneront encore longtemps entre ces murs.

Merci mesdames et à bientôt !
J'avais beaucoup aimé "Du domaine des murmures", je crois bien que celui-ci …







samedi 25 avril 2015

Samedi, une photo de la semaine

C'est samedi et comme pour la ... fois, je vous propose une photo avec Amartia et une liste de copinautes qui s'allonge de semaine en semaine !







Mais c'est quoi ?

mardi 21 avril 2015

Vert et blanc

Quand l'herbe dans le pré reverdit et que les merisiers se parent de blanc comme par enchantement… Blanc, vert.


Le poney blanc se fiche éperdument de mon âme vagabonde et pourtant il lui arrive de me regarder du coin de l'œil quand il me voit descendre vers les merisiers en fleur… Blanc, vert


Le livre que je lis en ce moment "Cahier de verdure" de Philippe Jaccottet est tout à fait l'expression que je ressentie ce jour d'avril dans ma campagne normande ! Vert, blanc.






Que nenni, ce ne sont pas des cognassiers blancs mais j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur !!!




" Autre chose vue au retour d'une longue marche sous la pluie, à travers la portière embuée d'une voiture : ce petit verger de cognassiers protégé du vent par une levée de terre herbue, en Avril."




Oui, je sais les cognassiers blancs ne sont pas les cerisiers ou merisiers qui bordent les champs, dans les haies, par ici mais… Vert, blanc.







 "Il a bien fallu m'approcher de ces arbres. Leurs fleurs blanches, à peine teintées de rose, m'ont fait penser tour à tour à de la cire, à de l'ivoire, à du lait. Etaient-elles des sceaux de cire, des médailles d'ivoire suspendues dans cette chambre verte, dans cette maison tranquille ?"

Derrière la maison, ici, il n'est pas non plus un verger mais… Blanc, vert.




"Elles m'ont fait penser aussi aux fleurs de cire que l'on voyait autrefois sous des cloches de verre dans les églises, ornements moins périssables que les vrais bouquets ; après quoi, tout naturellement, ce verger " simple et tranquille " comme la vie que le Gaspard Hauser de Verlaine rêve du fond de sa prison, m'est apparu lui-même telle une chapelle blanche dans la verdure, un simple oratoire en bordure de chemin où un bouquet de fleurs des champs continue à prier tout seul, sans voix, pour le passant qui l'y a déposé un jour, d'une main pieuse ou peut-être distraite, parce qu'il appréhendait une peine ou marchait vers un plaisir."







" Je crois bien qu'en tout verger, l'on peut voir la demeure parfaite : un lieu dont l'ordonnance est souple, les murs poreux, la toiture légère ; une salle si bien agencée pour le mariage de l'ombre et de la lumière que tout mariage humain devrait s'y fêter, plutôt qu'en ces tombes que sont devenues tant d'églises."


"Et ce verger-ci, mi-parti de vert et de blanc, c'est le blason des noces rustiques et des fêtes de printemps, une musique de chalumeaux et de petits tambours encore assourdis par un reste de brume.







" Je me suis dit (et je me le redirai plus tard devant les mêmes arbres en d'autres lieux) qu'il n'était rien de plus beau, quand il fleurit, que cet arbre-là. J'avais peut-être oublié les pommiers, les poiriers de mon pays natal."










" …L'ensemble, fleurs et feuilles, avait quelque chose de plus solide, de plus simple, de plus calme ; de plus épais aussi, de plus opaque. Cela ne vibrait ni ne frémissait comme oiseaux avant l'envol ; cela ne semblait pas non plus commencer, naître ou sourdre, comme ce qui serait gros d'une annonce, d'une promesse, d'un avenir. C'était là, simplement. Présent, tranquille, indéniable. Et, bien que cette floraison ne fût guère plus durable que les autres, elle ne donnait au regard, au cœur, nulle impression de fragilité, de fugacité. Sous ces branches-là, dans cette ombre, il n'y avait pas de place pour la mélancolie."




     

" Vert et blanc. C'est le blason de ce verger."





"Vert et blanc : couleurs heureuses entre toutes les couleurs mais plus proches de la nature que les autres, couleurs champêtres, féminines, profondes, fraîches et pures, couleurs moins sourdes que réservées, couleurs qui semblent plutôt paisibles, rassurantes."




Philippe Jaccottet




Et pour moi, vert et blanc. Ce sont les couleurs de ce petit bout de printemps, si court…





A bientôt !




samedi 18 avril 2015

Au galop pour la photo de la semaine

 Un galop venté pour Amartia et les autres qui la suivent tous les samedis et en fait, tous ceux et celles qui passent par ici...

mardi 14 avril 2015

Poulet express pour une jardinière qui est plus dans le jardin que dans la cuisine

J'avais lu la recette du poulet au citron express sur son blog, j'avais un poulet et des citrons bio alors j'ai mixé sa recette avec la mienne en y ajoutant du romarin et du thym, simplement ! Un régal ! A vous !



Je ne vous apprends pas que le printemps a pris depuis une semaine environ une vitesse accélérée pour nous offrir des merveilles toujours renouvelées, dans les jardins, dans les chemins campagnards, les sous bois, les oiseaux sont aux anges et les animaux batifolent et vous vous faites comme vous voulez!!!
En tout cas, le jardin me prend beaucoup de temps et j'aime ça !!!

Allons les amis faire un tour parmi les fleurs dans ce printemps bouillonnant…













J'ai aperçu la première hirondelle, sans doute une éclaireuse, la semaine passée, c'est un signe qui veut dire beaucoup pour moi et vous ?



samedi 11 avril 2015

Une fleur ! Une photo !

Pourtant il y en a tant d'autres qui s'ouvrent au soleil d'avril !!! J'ai choisi la première pour la photo de la semaine à la suite d'Amartia...







 Et Pâques qui s'est envolé si vite...