mardi 18 octobre 2016

Instants d'automne








Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas ! Les beaux jours sont finis !
On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or.
La pluie au jardin fait des bulles 
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules 
Voici l’hiver, voici le froid !
(…)

Théophile GAUTIER




Voici que la saison décline,
L’ombre grandit, l’azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.
Août contre septembre lutte ;
L’océan n’a plus d’alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l’été fond.

Victor Hugo




 ...Le silence est léger et calme ; par minute,
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
 Et puis tout redevient encor silencieux,
 Et l'Amour, qui jouait sous la bonté des cieux,
 S'en revient pour chauffer, devant le feu qui flambe,
 Ses mains pleines de froid et frileuses jambes,
 Et la vieille maison qu'il va transfigurer,
Tressaille et s'attendrit de le sentir entrer.


 Anna de Noailles ("Le Cœur innombrable")