En matinée je désherbais entre les iris,
Sous les genêts roses et sous les lilas,
entre les anémones...
Et entre-deux, je filais au
salon du livre de Caen pour y rencontrer Adrien Goetz, par hasard, mais son
"Intrigue à Venise" m'a bien tentée quand il m'en a fait un résumé
tout à fait séduisant. Après avoir lu celui-ci je crois que j'irais rejoindre
son héroïne dans une "Intrigue à Bayeux" et qui sait à Versailles? En
effet, cette Pénélope est conservatrice et M Goetz la suit dans ses mutations successives,
trois livres, trois intrigues, Bayeux,
Versailles et Venise… A suivre!
Je voulais voir aussi
Dominique Bona dont le livre "Berthe Morisot" m'avait bien plu pour
comprendre ces familles Morisot, Manet, Rouard et Lerolle au centre du mouvement
impressionnisme… Elle me dédicaça donc "les deux sœurs", son dernier
opus.
L'entrevue fut courte car
elle devait se préparer pour son intervention, "Etat d'art"
justement avec Adrien Goetz au café littéraire où j'ai eu grand plaisir à les
entendre tous les deux!
Après avoir avalé un petit sandwich
et un café nous nous rendions au théâtre
pour assister au concert du troisième
livre des madrigaux de Claudio Monteverdi.
"Paul Agnew (photo)
poursuit avec des jeunes chanteurs des Arts
Florissants son intégrale des madrigaux de Claudio Monteverdi, considéré comme le créateur de l'opéra. Ses
madrigaux témoignent de l'évolution de son écriture. On en arrive au troisième
livre publié en 1592, alors que le compositeur vient de s'installer à la cour
de Mantoue qui rassemble les plus grands artistes et savants de l'époque.
Monteverdi restera près de
vingt ans à la cour des Gonzague, avant de partir pour la prestigieuse Venise
où il jouira d'une grande renommée. On retrouve dans ce livre écrit sur le
modèle traditionnel à cinq voix, le poète italien Le Tasse, avec notamment des extraits de La Jérusalem
délivrée, long poème épique.
Avec comme interprètes : Miriam Allan, Hannah Morrison, sopranos ; Stéphanie Leclercq, contralto ; Paul Agnew (direction musicale),
Sean Clayton ténors ; Lisandro Abadie, basse"
L'amour
est au centre du troisième livre des madrigaux, interprété ce soir à Caen par
Paul Agnew avec cinq autres chanteurs, des Arts Florissants, chœur et orchestre
créés par William Christie dont je vous ai parlé à plusieurs reprises. Ici, on
a la chance d'avoir ce chef en résidence à Caen depuis plusieurs années qui
nous a fait mieux connaître la musique baroque.
Dans
ce livre, le troisième, c'est l'histoire
pastorale d'un amour perdu qui se joue dans un
décor bucolique que nous percevons rien qu'à la lecture des titres des différentes parties du livre III : Pianta
(plante), erbette (herbes), rossignol, verdi fronde (vertes frondaisons),
bianchi fiori (fleurs blanches, Primavera (printemps)…
Des
moments de grande liesse alternent avec des instants de très profonde tristesse
à la limite d'un romantisme exacerbé…
Et
comme on peut le constater, la mélodie des voix s'harmonise avec bonheur aux
paroles et sait traduire les sentiments des deux amants.
Les
voix s'entremêlent harmonieusement puis c'est un solo d'une soprano ou d'un
ténor ou d'un duo puis un trio et les cinq voix qui terminent chaque partie…
Paul
Agnew nous avait avertis que ces madrigaux nous emmèneraient sur les premières
marches de l'opéra, que Claudio Monteverdi a composé aussi ces madrigaux pour
mettre les voix féminines en valeur, voix qu'on n'avait pas l'habitude
d'entendre dans les chapelles, à cette époque puisque réservées aux chanteurs
et instruments…
"Oh
Printemps, de la jeunesse de l'année…", j'ai bien aimé ce passage où la
joie de vivre et d'aimer s'exprimait dans une nature printanière qui
contrastait ensuite avec une souffrance terrible de l'amour perdu, à jamais…
La
passion tue et on se trouve complètement dans un contexte baroque porté par les
voix qui se chevauchent avec insistance pour décrire la contradiction de
l'amour !
Si
vous voulez, je vous donne à écouter cet extrait du deuxième livre des
Madrigaux :
Bonne écoute!
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