mardi 27 mars 2012

Continuons la balade dans la baie…

J'ai cherché quelques citations qui pourraient illustrer les photos que j'ai prises la semaine passée au Mont. J'en ai trouvé de Victor Hugo, de Colette, de Madame de Sévigné, de Guy de Maupassant mais j'ai préféré un petit texte de Flaubert :



"Nous allâmes prendre l'air sur le quai où luisait un beau soleil ; la grève découverte était toute grise à cause de la vase qui la recouvrait et, sur sa couche lisse, glacée comme une crème, les barques vides, échouées dans toutes les postures du monde, avaient leurs filets suspendus qui séchaient au haut des mâts. Sur le bois des canots le goudron suintait en gouttelettes noires.



  Dans la brume pénétrée de soleil, seul au milieu de la mer, se levait le Mont-Saint-Michel, dôme bleuâtre aux sommets découpés ; à droite, les côtes de Normandie continuant, de leur ligne mamelonneuse, la coupe immense de la baie, allaient graduellement s'abaissant et confondaient à l'horizon la vague de leurs contours dans la blancheur des nuées légères




  
De place en place, dans les flaques d'eau encloses de carrés de galets, quelques huîtres dormaient dans leurs vertes coquilles comme des gens qui font la sieste, les jalousies fermées.
Couché par terre à plat dos sur le sable, le chapeau sur les yeux, les bras étendus en croix, je suis resté une grande heure et demie à chauffer ma guenille au soleil et à faire le lézard. On se sent le corps inerte, engourdi, inanimé, inhérent presque à la terre sur laquelle il se vautre, tandis que l'âme, au contraire, partie bien loin, voltige dans les espaces comme une plume égarée. Lorsque j'ai relevé la tête, la grève avait disparu, la marée presque subitement était venue la recouvrir, et les barques tout à l'heure immobiles se relevaient maintenant et se remettaient à flot. 




 Sous le roulis des lames longues qui, arrivant l'une par dessus l'autre comme des inondations successives, accouraient de toute leur vitesse sur cette plage unie où largement elles se développaient sans en finir, les canots pleins de monde se croisaient, se vidaient, revenaient au quai. On allait partir pour la pêche."









Et je ne sais pas si tout ce paysage embrumé m'a inspiré ce petit modèle tout gris mais je lui ai fait le soir même....



L'été passe si vite...