" Objets inanimés avez-vous donc une âme
Qui s’attache à
notre âme et la force d’aimer ? "
Lamartine
C’est en pensant à cette citation que j’ai lu le titre du
dernier opus de Françoise Cloarec ," l’Ame du savon d’Alep" (les éditions Noir sur Blanc),
vous savez, mon amie du lycée dont je vous avais présenté modestement ses
précédents ouvrages sur Séraphine et Storr…
Avec le savon d’Alep, dont elle décrit avec chaleur et
poésie, tout au long de ce livre, les propriétés physiques (composition, odeur,
couleur, bienfaits), la fabrication en détail, elle écrit là
l’histoire de ce savon qui est quelque peu à la mode mais dont on ne connaît
point ses origines.
Je ne vous raconterai pas l’huile d’olive, le laurier, la
salicorne qui font partie de sa composition, ni les lieux de fabrication du
savon, ni la traversée du souk d’Alep, tellement je l’ai vécue intensément
comme la première fois que j’ai visité Alep par livre interposé (« Les
désorientées » récit de Françoise et je venais de visiter la Turquie à ce
moment là) ni les personnes qui élaborent le savon et qui habitent celui-ci !
Une nouvelle fois elle m’a emportée dans ce pays que je ne
connais pas et sa ville dont elle est toujours passionnée.
Elle fait mention du drame actuel que traverse ce pays mais
son propos n’est pas politique et est une réponse à l’appel aussi d’un savonnier
d’Alep qui lui a proposé d’écrire un texte sur le savon de sa ville. « De ce pain de laurier qui est au cœur du
patrimoine » Dit-elle.
Au travers de ses mots on perçoit la psychanalyste d’une
part et son regard de peintre d’autre part quand elle nous conte les couleurs
de la ville aimée .J’ai retrouvé toute
sa sensibilité à décrire ses sensations dans ce monde de l’ailleurs, ce
carrefour des routes commerciales et pistes caravanières depuis l’antiquité…
Alep, la cité la plus ancienne du monde. Elle se devait d’écrire ce livre dans
lequel vous découvrirez tout, tout sur le savon d’Alep mais bien autre chose,
son âme peut-être…
Oh, j’allais oublier…
les très belles photos de Marc Lavaud qui nous donnent vraiment l’impression d’ouvrir
les portes de lieux de travail, de silence et de beauté et découvrir ces hommes
et femmes qui font perdurer ces belles traditions.
Et mes fleurs, n'ont- elles pas une âme certains jours ???

