mardi 17 septembre 2013

Ciels


L’exposition à Paris en juin, ne m’avait pas suffi pour admirer les ciels d'Eugène Boudin. D’ailleurs j’étais malade, deux blogueuses s’en souviennent.
Donc je suis allée les voir dans la ville où il a vécu dans son enfance, au Havre. Et il pleuvait en sortant du Musée Malraux, je n’ai pas pu y rencontrer un brin de nuages ni bleu ni rose mais un ciel gris et blanc, très chargé et impassible…

Il y avait l'exposition Pissaro, un autre impressionniste mais ce ne sont pas ses bateaux qui ont retenu mon regard, je savais qu’à l’étage du musée il y avait les fameux ciels de Boudin, que j’aime à voir et revoir, tellement ils me rappellent les ciels que je vois, en vrai, presque tous les jours dans nos contrées normandes…


Boudin représente souvent « de beaux et grands ciels tout tourmentés de nuages, chiffonnés de couleurs, profonds, entraînants. Rien dessous s’il n’y a rien ».

Il parle de « ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses, suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu ». Nous dit le critique d’art Baudelaire qui appréciait, oh combien ses toiles !








Charles Baudelaire écrivit aussi : (s’agissait-il du Havre quand il rencontra Eugène Boudin ?)

« Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses servent à entretenir dans l’âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.




Le va et vient des bateaux, dans la brume...

                                                  Quand le ciel se confond avec la mer...


                                                         Une seule silhouette au loin...



On peut se croire devant un tableau abstrait. Monet comme d’autres peintres doivent beaucoup à E. Boudin (C’est le sujet d’une autre exposition que j’ai vue à Saint Lô).


 Les cabines solitaires sur la plage...




Moi, qui souvent m’arrête devant un coucher de soleil, un ciel qui flamboie, un ciel qui grisonne, un ciel qui passe à toute allure, un ciel qui plombe l’horizon, je devais rendre un hommage, sur mon blog, à ce véritable « roi des ciels », Eugène Boudin qui a su transcrire à la perfection, entre autres, des éléments aussi changeants que la lumière et les nuages au-dessus de la mer et de la campagne.



                                             Il n'y avait pas un seul nuage, ce jour-là !!!!






D’autres ciels nous emmenèrent jusqu’à ce port que vous devez reconnaître rapidement. Ce sera le sujet d’un autre billet…




L'été passe si vite...