jeudi 23 mai 2013

En revenant de Saint Malo et déjà la photo de la semaine

Il y avait encore beaucoup de monde et de thèmes de débats au festival des « Étonnants voyageurs »
J’ai choisi en particulier « le monde est un roman ». J’aurais pu choisir les autres options « l’Afrique qui vient » ou « l’Amérique est une légende » avec le fameux Bertrand Tavernier et ses westerns préférés ou… 
Trois jours, le temps passe vite, entre les conférences, il faut penser au moment d’attente pour accéder aux différents lieux et salles, passer voir les expositions, rencontrer les auteurs qui dédicacent au stand de leur éditeur…




« Aux frontières de l’Europe », a retenu mon attention dès le samedi matin car je voulais entendre Paolo Rumiz et Mathias Enard dont j’ai lu les livres respectifs, « aux frontières de l’Europe » et « Rue des voleurs ». Et enfin de compte ce sont les deux auteurs qui ont le moins parlé. Le premier a vu du nord au sud de l’est de l’Europe, des frontières qui ont déchiré en deux des paysages, séparé des hommes, les ont déraciné.
Quant à Mathias Enard, il a décrit une Europe qui va de l’Oural à l’Atlantique, avec une frontière qui évolue lentement. La Croatie qui demande à se protéger derrière les frontières de l’Europe, comme la Bosnie ; Une Europe qui se veut une identité ouverte, avec une certaine unité, parlant différentes langues, n’ayant pas encore tout à fait une monnaie unique…






« L’art au cœur du roman » fut la deuxième intervention à laquelle j’assistais en espérant découvrir les auteurs comme Jim Fergus, Michelle Tourneur et Hubert Haddad sans oublier Diana Evans.
Deux livres m’ont interpellée dans ce débat, qui était plus une présentation de livres : « La beauté assassine » de Michelle Tourneur et celui que j’ai acheté à la suite, « Chrysis » de J Fergus. Mais je me suis promis de me procurer à la bibliothèque celui de Michelle Tourneur.

Jim Fergus raconte une histoire d’une peintre, Chrysis Jungbluth, à Paris, dans les années 1920-1930. Son livre est lié à sa propre vie.  Cela commence par un tableau (signé de Chrysis) que Fergus découvre à Nice chez un brocanteur, avec sa femme atteinte d’un cancer. Elle aurait tellement voulu le ramener aux Etats-Unis, il lui achètera revenu au pays car il n’avait pas l’argent pour lui faire ce grand plaisir, lors de ce voyage. Il le restaure, l’encadre et lui offre pour Noël…Ce tableau comme un élan de vie ! Connecté à sa vie, à la vie de Chrysis…
Je raconte des histoires, je ne suis pas un artiste ! Dit-il.
Ce sera le premier livre que je lirais de cet auteur !






L’univers romantique du XIXe, « la beauté assassine » de Michelle Tourneur, c’est l’art d’un peintre (Delacroix) au travers du regard d’une femme, son élève qui sait ce qu’elle va peindre dès qu’elle met les pieds dans son atelier. Le regard de l’héroïne qui va se cacher et observer le peintre dans sa solitude. Il s’en apercevra avec colère. Entre eux, la peinture est un appel mystique…
Bon je lirai ce livre et de deux…


Les mots dits par Hubert Haddad, lentement, d’une diction parfaite, m’ont emportée… Un roman, on ne sait pas d’où cela vient, il faut un alibi : En allant à Tahiti, je suis passé au Japon, après le séisme…Le roman c’est prendre son temps, entrer dans un jardin éternel, intemporel, être un instant dans un espace réduit…
La mémoire, c’est l’oubli, quelques bribes qu’on a ressenties et qui reviennent, il faut aussi de l’oubli pour que vive la mémoire…
Tout disparaît face à l’éternité.
Le roman interroge l’art mais il peut être aussi l’art... « Le peintre d’éventail » son dernier opus raconte aussi le Japon qui est sur des failles, qui sait que tout peut disparaître mais il continue à donner des spectacles, le « zen » sait la Merveille.  Haddad a écrit 1000 haïkus et il s’est demandé quelle était la source de cette création spontanée, il lui fallait un héros qui crée des haïkus… Ici, une interview qui vous donnera aussi envie de lire son livre et je pense aux amateurs de haïkus puisqu'il en a réunis dans un recueil.
Je me suis dit que si son livre parlait de jardin, ce serait un livre pour moi aussi, et de trois !!!

Diana Evans et la danse. Avant d’être journaliste puis écrivain, Diana Evans était danseuse. « Shango » est son deuxième roman où il est question de choisir entre l’art, ici, la danse et l’amour. Il est aussi question du corps qui a ses limites, de la poésie qui est une danse de l’esprit…
Antony sacrifie tout à son art et Carla veut vivre…
Encore un livre…






Je pourrais vous résumer encore ces quelques moments de paroles autour d’une table basse sur laquelle sont empilés quelques livres mais je ne le ferai pas…

Ah si, j’ai fait une autre découverte, l’auteur de « l’enfant grec », Vassilis Alexakis, au côté de Mark Behr qui présentait « l’odeur des pommes » et Pete Fromm pour son premier roman « comment tout à commencer ». J’ai choisi de me procurer le premier car je fus attirée par le lieu où se passe ce roman, le jardin du Luxembourg qui a été aussi le décor de moments importants de ma vie, petite devant Guignol, adolescente en sortant du lycée Montaigne, notre lieu de rendez-vous à moi et mon Amoureux et puis les tours de poneys avec mes deux fils et puis…
Car dans ce livre, la littérature est le personnage principal et les héros littéraires de son enfance comme Balzac, Beaudelaire, Dumas sont présentés comme une famille, nous dit-il. Où se trouve la frontière entre l’imaginaire et la réalité ? Comment tout à commencer pour Alexakis ? Petit, il avait du mal à s’endormir, sa mère lui suggéra de regarder et décrire les traces humides qui apparaissaient au plafond blanc de sa chambre comme une page blanche…
Nous pourrions voyager entre l’Orient et l’Occident, autour du roman et son origine, avec  Athiq Rahimi, Hakau Gunday, Selek Pinar, Jean Claude Carrière.







Je pourrais vous parler du beau film « Syngué Sabour » de Athiq Rahimi, qui a écrit ce livre et celui qui en a assuré la co-scénarisation, Jean Claude Carrère, de Jean-Paul Kauffman et sa marche le long de la Marne (tiens je ne l’ai pas encore lu !), Patrick Deville et son fameux « peste et choléra »…
Bref, j’ai encore appris beaucoup lors de ce festival, j’ai rêvé de voyages, j’ai tremblé en écoutant et lisant « Ru » de Kim Thuy et je me suis précipitée sur son stand pour lui faire dédicacer « Mãn » et ravie d’avoir fait connaître cette auteure à ma sœur qui a eu la chance de voyager au Vietnam… Kim est tellement vive et pleine d’espoir !!!









Quand les iris commencent à vous faire la parade au fond du jardin, il est doux de rêver de pouvoir  lire tous ces livres récoltés au festival, bientôt au soleil ou à l'ombre d'un arbre!!!!!



Et pour terminer la semaine, je vous offre ma photo de la semaine, un bouquet de lilas qui ont enfin fleuri au jardin... A la suite d'Amartia et sa farandole d'aminautes...



J'anime la rubrique

 Et pour toutes mes lectrices et tous mes lecteurs un bain de pétales de lilas pour vous remercier de vos derniers commentaires auxquels je n'ai pas eu le temps de répondre. Je ne serai pas encore disponible en cette fin de semaine donc je vous dis à la semaine prochaine !


L'été passe si vite...