Le cytise
Non, pas
une glycine. Au lieu de grappes mauves,
Ce sont des
grappes d’or…
On dirait
des pendants d’oreilles de jadis, en bel or fauve…
Ou des
pastilles d’ambre, ou les confettis d’or
Qui
joncheraient, pour un grand mariage,
Le tout
petit sentier… C’est le décor
Où des
torches s’allument. Vois flamber le paysage !
Survient le
vent.
Et c’est
une cascade lumineuse de topazes,
Un long feu
d’artifice, un jet d’eau qui s’embrase,
Un quatorze
Juillet de mai ! Vois, dans le vent,
La joie
ardente du printemps !
Pas de canons, d’ailleurs, ni de Bastilles prises.
C’est la fête rustique du Cytise.
En cheveux de soleil,
– Papillotes. Jeune perruque ébouriffée –
Le Cytise s’éveille. Il est pareil
À quelque page blond sortant d’un magique sommeil.
Il fut un
arbre mort – et le voici pareil
Au
Printemps même, secouant sa tête ébouriffée…
Lancés par
la main d’un Génie, ou par les fées,
C’est
l’éparpillement de petits sabots jaunes, si légers,
Si menus et
vernis, qu’ils émerveillent
Le vieux
cyprès bourru, chaussé de brun. Et les abeilles
Vont et
viennent, avec ce bruit que l’on entend dans les vergers.
Et moi,
comme toi, vieux cyprès, je m’émerveille
Longtemps,
devant cela, que nul ne semble voir,
– Sauf nous
deux – le jeune cytise en fleurs, au bord du soir.
Sabine
SICAUD
























.jpg)


.jpg)

















.jpg)











