jeudi 17 novembre 2016

Mes couleurs d'automne



L'automne


On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C'est une branche, tout à coup,
Qui s'effeuille dans votre cou.

C'est un petit arbre tout rouge,
Un, d'une autre couleur encor,
Et puis, partout, ces feuilles d'or
Qui tombent sans que rien ne bouge.

Nous aimons bien cette saison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.

Lucie DELARUE-MARDRUS




















vendredi 4 novembre 2016

Le jardin de La Poterie Hillen

Dimanche, par un bel après-midi d'automne, nous nous dirigions vers les Pyrénées, pour nous arrêter dans les jardins de La Poterie-Hillen. Vous dire que c'est un jardin remarquable, vous ne vous étonnerez pas du tout, en regardant ces quelques photos que j'ai prises avec un grand plaisir... Je vous laisse gambader entre les graminées, à la poursuite des belles perspectives qui nous entraînent vers des rêves éveillés et sans oublier de vous arrêter pour le "tea-time" sur la terrasse...
























mardi 18 octobre 2016

Instants d'automne








Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas ! Les beaux jours sont finis !
On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or.
La pluie au jardin fait des bulles 
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules 
Voici l’hiver, voici le froid !
(…)

Théophile GAUTIER




Voici que la saison décline,
L’ombre grandit, l’azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.
Août contre septembre lutte ;
L’océan n’a plus d’alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l’été fond.

Victor Hugo




 ...Le silence est léger et calme ; par minute,
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
 Et puis tout redevient encor silencieux,
 Et l'Amour, qui jouait sous la bonté des cieux,
 S'en revient pour chauffer, devant le feu qui flambe,
 Ses mains pleines de froid et frileuses jambes,
 Et la vieille maison qu'il va transfigurer,
Tressaille et s'attendrit de le sentir entrer.


 Anna de Noailles ("Le Cœur innombrable")


vendredi 30 septembre 2016

Figues

Revenir. Tout doucement, sur la pointe des pieds ou la pointe des doigts...

Je n'avais jamais dégusté des figues, mûries à point, au soleil du sud-ouest, cueillies directement sur l'arbre ! Les feuilles sont piquantes et urticantes quand on se fraie un passage entre les branches.
 Lorsque vous arrachez délicatement la figue, un jus comme une gomme blanche vous poursuit jusqu'au lavabo où vous essayer de vous débarrasser de cette colle (c'est du latex, il paraît) qui n'en finit pas de vous démanger pendant un certain temps !
 Mais c'est surtout les feuilles, urticantes à souhait, qui m'ont réservé de vraies séances de démangeaisons qui se calmaient seulement sous la douche ! Oui, les figues se méritent !
Bref! Les figues se méritent, en tout cas, pour moi !!! Mais que ne ferait-on pas pour déguster ces élixirs de bonheur sucré... 
Crues, rôties, en compotée, en sorbet, en tarte, en marmelade, j'avais l'impression que la maison sentait la figue jour et nuit !!
Bien sûr les amis en ont profité aussi et quand je pense que les figues perchées tout en haut des arbres étaient aussi à partager avec les oiseaux, les guêpes et même les frelons. La cueillette se faisait le soir, quand le soleil se couche derrière les chênes, quand insectes et oiseaux s'endorment pour laisser la place à madame la chouette !
 Mon Amoureux s'est bien gardé de m'accompagner étant allergique aux piqûres de guêpes... Et je peux vous dire qu'il adore mes confitures de figues dans son fromage blanc !

Voilà des petites joies, nouvelles pour moi qui ai vécu 25 ans en Normandie... Le figuier ne voulait pas pousser là-bas, trop de vent !


Le figuier

Ce poème commence en été,
les branches du figuier qui effleurent
la terre m’avaient invité à m’allonger
dans son ombre. En elle
je me réfugiais comme au creux d’un fleuve.
Ma mère se fâchait : l’ombre
du figuier est funeste, disait-elle.
Je n’en croyais rien, je savais bien
comme leurs fruits luisaient mûrs
et fendus offerts aux dents matinales.
Là j’ai attendu toutes ces choses
peuplant les rêves. Une flûte
lointaine jouait dans une églogue
tout juste lue. La poésie caressait
mon corps en éveil jusqu’à l’os,
elle me cherchait avec une telle évidence
que je souffrais de ne pouvoir lui donner
de forme : bras, jambes, yeux ou lèvres.
Mais sous ce ciel vert du mois d’août
elle me caressait seulement, et s’en allait.

Eugenio de Andrade




"Mais à cette époque le figuier venait jusqu’à ma retraite et frappait avec insistance aux carreaux de ma fenêtre. Je sortais et pénétrais en son centre, torpeur visitée par les oiseaux, vibrations d’élytres, entrailles d’un fruit d’où tombe goutte à goutte la plénitude...

...Les jours  de calme, le figuier était une caravelle de jade pétrifiée, qui se balançait imperceptiblement, attachée à un mur noir qu’éclaboussait de vert la marée du printemps. Mais lorsque soufflait le vent de mars, elle se frayait, ses vertes voiles gonflées, un passage à travers la lumière et les nuages. Je grimpais à la cime, et ma tête émergeait d’entre les grandes feuilles, picorée par les oiseaux, couronnée de prophéties...

Lire mon destin dans les lignes d’une feuille de figuier !...

...Aujourd’hui le figuier frappe à ma porte et m’invite: dois-je saisir la hache ou entrer dans la danse folle ?"

Octavio Paz







  J'espère que vous n'aurez pas un indigestion de mes images ! A bientôt !