mardi 4 décembre 2012

En descendant la petite route


 En descendant la petite route, des collines que j'aime tant, qui nous mène jusqu'à la petite église perdue entre le bois de cèdres et les champs, je m'arrêtai net devant la porte ouverte d'une maison où séchait une toile qui attira mon œil par sa couleur bleue.
Penchant la tête du côté de la maison, je découvrais par la porte entrebâillée, la silhouette d'un homme assis devant une table.



Nous nous sommes salués de loin et la conversation s'est engagée spontanément (il faut dire qu'il n'y a pas grand passage sur cette route!) et je me retrouvais dans l'atelier de Jean Balitran.




Nous avons parlé bien sûr de son chemin d'artiste-peintre puisque à 82 ans il parcourt encore, de galeries en expositions, de Paris à New-York, en passant par Bordeaux, La Baule, Tours…, le monde contemporain de la peinture. Ses œuvres sont  d'ailleurs dans plusieurs musées américains et français (de Long-Island, fondation Mr Payson, muées de Tours, Beaugency, Collioure, Agen, Fontainebleau…)


 Il faisait très beau ce dimanche matin...


Pour prolonger cette rencontre impromptue, je le retrouvais ce dimanche, nous ayant envoyé une invitation, à sa dernière exposition qui a lieu à Thorigné-Fouillard, près de Rennes du 1er au 9 décembre.


 Il est l'invité d'honneur avec deux autres invités, Bernard Schroëder et ses sculptures en dentelle de fils de fer et Christian Sanséau et ses toiles sur le thème de la mer.

 Les trois invités et leurs oeuvres


 L'automne de Jean Balitran


 Les toiles sélectionnées et récompensées


 Les sculptures de Bernard Schroëder



Ce fut une réelle joie de le retrouver dans le cadre d'une très belle exposition, j'aurais voulu revoir la toile qui m'avait attirée à sa porte. Elle n'avait pas fait la route avec les autres toiles exposées ici. 




J'ai apprécié ses automnes dorés et lumineux, ses nus si doux, dans une gestualité si sûre et dynamique et  tout à la fois, chargée de poésie, de transparence, de délicatesse… 
Mon coup de cœur a été sa "Loire sauvage" si étonnement ambivalente !





Qui est Jean Balitran, à quoi ressemble sa peinture qui est très proche de l'abstrait mais avec des formes bien à lui qu'on peut ressentir et traduire dans des dimensions universelles dans l'espace et le temps…

Vous pouvez avoir des pistes ici et là   


Détails de la Loire sauvage 

samedi 1 décembre 2012

Quand le jour descend et que le ciel s'enflamme

J’aime les soirs sereins et beaux, j’aime les soirs,
Soit qu’ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s’allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
À des archipels de nuages.



Oh ! Regardez le ciel ! cent nuages mouvants,
Amoncelés là-haut sous le souffle des vents,
Groupent leurs formes inconnues ;
Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair,
Comme si tout à coup quelque géant de l’air
Tirait son glaive dans les nues.


 Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ;
Tantôt fait, à l’égal des larges dômes d’or,
Luire le toit d’une chaumière ;
Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ;
Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons,
Comme de grands lacs de lumière.



 Puis voilà qu’on croit voir, dans le ciel balayé,
Pendre un grand crocodile au dos large et rayé,
Aux trois rangs de dents acérées ;
Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ;

Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir
Comme des écailles dorées.



 Puis se dresse un palais ; puis l’air tremble, et tout fuit.
L’édifice effrayant des nuages détruit
S’écroule en ruines pressées ;
Il jonche au loin le ciel, et ses cônes vermeils
Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils
À des montagnes renversées

 Ces nuages de plomb, d’or, de cuivre, de fer,
Où l’ouragan, la trombe, et la foudre, et l’enfer
Dorment avec de sourds murmures,
C’est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds,
Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds
Ses retentissantes armures.



Tout s’en va ! Le soleil, d’en haut précipité,
Comme un globe d’airain qui, rouge, est rejeté
Dans les fournaises remuées,
En tombant sur leurs flots que son choc désunit
Fait en flocons de feu jaillir jusqu’au zénith
L’ardente écume des nuées.




Oh ! Contemplez le ciel ! et dès qu’a fui le jour,
En tout temps, en tout lieu, d’un ineffable amour,
Regardez à travers ses voiles ;
Un mystère est au fond de leur grave beauté,
L’hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l’été,
Quand la nuit les brode d’étoiles.
Victor Hugo






Et la dernière photo sera ma photo de la semaine avec Amartia et les autres copinautes




mardi 27 novembre 2012

Ciel bleu !

Quand il fait gris,  comme hier et aujourd'hui, que le ciel pleure ses feuilles envolées, je rêve d'un ciel d'Italie qui m'a réjouie pendant tout mon voyage d'Amalfi à Ostuni en passant pas Pompéi… Et je vous propose ici, de vous promener avec moi le nez en l'air  en compagnie de Verlaine.



 D'où m'est venue cette drôle d'idée de ciel d'Italie, me direz-vous ? De la si jolie voix d'une petite fille qui tout près de moi, dimanche, chantait " Bella note, sous le ciel d'Italie…", je pense savoir que c'est une réminiscence d'un extrait de "Belle et le clochard" vous savez, quand les deux amoureux dégustent des spaghetti chez l'Italien !!!!


Bien, vous êtes prêts,  partons voir si

"Le ciel est par-dessus le toit "est toujours bleu…



Le ciel est, par-dessus le toit,

Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.



La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte

Pompéi

 Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là

Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville



 Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,

Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?


Paul Verlaine

 Paestum





Un très vieux "trullo" qui n'a pas encore été restauré...
A bientôt

samedi 24 novembre 2012

Photo de la semaine

Petit retour en arrière pour le choix de la photo de la semaine dans la farandole du samedi avec Amartia et toutes les copinautes qui participent de semaine en semaine depuis.... :




A l'est du "Petit Château", dans un bassin octogonal, se dresse une statue-fontaine contemporaine nommée "l’Olympe".
C'est une œuvre de Claude Lalanne. Elle évoque les automates qui se trouvaient autrefois dans ce jardin.
Réalisée en 1988, elle représente un enfant. Elle est en bronze et cuivre. Dimensions: 146 x 62 x 33 cm.
Elle rappelle l'époque où Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine, avait réservé le "Petit Château" à ses enfants."


 L'Olympe dans le petit bassin octogonal


 Couleurs de l'automne autour du bassin


 Derrière les frondaisons on aperçoit le "petit château" qui fait partie du domaine de Sceaux et son parc


 En arrivant du parc...


 Le Petit château de Sceaux qui abrite maintenant un musée

Le portail monumental qui mène au musée maintenant
"Le portail monumental en pierre de taille, encadré de pilastres et surmonté d’un fronton triangulaire, constitue un accès prestigieux, classé à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, en 1931."

lundi 19 novembre 2012

Dimanche en musique

Avant d'aller écouter Monteverdi, je suis passée par mon jardin photographier les derniers glaïeuls de Byzance qui fleurissent encore (beaucoup d'entre vous ont été surpris, alors…) et j'en profite pour partager quelques photos des derniers fleurissements…

Vous voyez, c'est vraiment la fin, mais ils m'ont attendue !!!!!!


What is't ?


Et celles-là ?


Les roses toujours fidèles...


Et celle-ci si belle ?


Les hortensias ont pris leurs dernières teintes d'automne...



En traversant la forêt, je me serais presque arrêtée, tellement c'était agréable de voir le soleil jouer entre les feuillages…Mais il ne fallait pas rater l'heure du concert…





"Les Arts Florissants, dirigés par Paul Agnew, poursuivent leur aventure musicale en interprétant l’intégrale des madrigaux de Claudio Monteverdi. Après les Livres I, II et III donnés la saison passée au théâtre de Caen, place aux premières mutations qui annoncent une véritable révolution musicale.
Dédié à l’académie des Intrepidi de Ferrare, le Livre IV compte vingt madrigaux, écrits sur le modèle traditionnel polyphonique à cinq voix. Monteverdi puise son inspiration dans l’oeuvre de Guarini, notamment dans Il Pastor fido qui a connu un grand succès dans toute l’Europe. Le Tasse et Rinuccini – le librettiste d’Euridice de Peri, premier essai de drame lyrique – sont également représentés."
Théâtre de Caen




"C’est la première fois que « Les Arts Florissants » présentent en concert une intégrale du Quatrième Livre de madrigaux de Monteverdi (1567-1643). Ils se lancent dans l’interprétation de l’un des monuments fondateurs de la musique occidentale : les huit Livres de madrigaux de Claudio Monteverdi.
Cette aventure musicale inédite à travers l’Europe se prolongera sur trois saisons. Chaque concert sera présenté par Paul Agnew, qui proposera en guise d’illustration musicale vivante et en contrepoint aux madrigaux de Monteverdi, une sélection d’œuvres de la même époque.
À propos des madrigaux de Monteverdi, le chef de chœur Paul Agnew explique que « l’idée d’interpréter l’ensemble des livres m’est venue dans le but d’explorer le développement artistique de Monteverdi, et à travers lui, la révolution musicale qui, note après note, mot après mot, s’est produite en Italie au tournant du XVIIe siècle ». Cette musique qui intègre le potentiel dramatique du texte conduira peu après vers les débuts de l’opéra."
Le pays.fr


Que vous dirai-je de ce magnifique concert à cinq voix ? Ce fut encore un bonheur intense d'écouter ces voix qui s'harmonisaient si bien en un chant qui parlait pourtant de la mort mais aussi de l'amour…

Six voix, six voix superbes car en vérité ils sont six :

Francesca Boncompagni et Maud Gnidzaz, soprane, Lucile Richardot, contralto, Paul Agnew et Sean Clayton, ténors, Lisandro Abadie, basse.

Prochain concert le 11 juin avec la même formation.

Si vous voulez en savoir plus, c'est ici et  (avec un petit reportage vidéo, qui vous donnera une idée du concert)



samedi 17 novembre 2012

Photo de la semaine

                                                       Glaïeuls de Byzance qui fleurissent en ce moment dans mon jardin...

Ils seront les vedettes de cette fameuse rubrique de la semaine avec Amartia. Voir ici les autres vedettes choisies par les participants







"Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid."

Qui est l'auteur de ces vers qui me sont venus instantanément ?




Je n'aime pas les glaïeuls mais ceux de Byzance m'émerveillent chaque année !
Bon week-end !