mardi 12 février 2013

Quand l'eau monte, monte...

Quand, l'eau monte, monte dans les marais on dit que les marais blanchissent. 
Une petite balade bien rafraîchissante et les bottes sont absolument nécessaires !!!!


 Et cette fois, nous la ferons en compagnie de Théophile Gautier, alors en route !!!!



Le marais.

C'est un marais dont l'eau dormante
Croupit, couverte d'une mante
Par les nénuphars et les joncs :
Chaque bruit sous leurs nappes glauques
Fait au chœur des grenouilles rauques
Exécuter mille plongeons ;




La bécassine noire et grise
Y vole quand souffle la bise
De novembre aux matins glacés ;
Souvent, du haut des sombres nues,
Pluviers, vanneaux, courlis et grues
Y tombent, d'un long vol lassé.





Sous les lentilles d'eau qui rampent,
Les canards sauvages y trempent
Leurs cous de saphir glacés d'or ;
La sarcelle à l'aube s'y baigne,
Et, quand le crépuscule règne,
S'y pose entre deux joncs, et dort.





La cigogne dont le bec claque,
L'œil tourné vers le ciel opaque,
Attend là l'instant du départ,
Et le héron aux jambes grêles,
Lustrant les plumes de ses ailes,
Y traîne sa vie à l'écart….

Théophile Gautier





Et le soir, toujours derrière la haie, seul, un rayon nous attendait



samedi 9 février 2013

Emotions



Voilà, ce sera elle ma photo de la semaine !!!! Avec Amartia !!!!!!!


Mardi soir, nous prenons le chemin du théâtre de Caen que nous avons quitté la veille pour un autre concert…
Ce soir-là, c'était la tragédie lyrique ou l'opéra tragique en cinq actes de Marc-Antoine Charpentier, compositeur français du 17 e siècle. Il s'était démarqué de Lully, son contemporain et vedette du moment.
Cet opéra fut donné pour la première fois sous sa forme scénique à Aix en Provence, l'été dernier. Sous la baguette de William Christie, accompagné par ses musiciens et  par une pléiade de jeunes talents, de son jardin des voix.




                                                              


Sans aucune prétention, je vais vous relater mon ressenti par rapport à cette œuvre de Charpentier, David et Jonathas . Si vous voulez en savoir plus de l'histoire c'est ici.

 J'ai été captivée par cette histoire revisitée qui date d'avant J.C. puisqu'elle est tirée de l'ancien testament. L e cinquième acte m'a carrément bouleversée, par la musique bien sûr mais aussi par le jeu et la qualité des voix des chanteurs : Jonathas (Ana Quintans ), David (Pascal Charbonneau) et Saûl (Neal Davies) et Joabel (Kresimir Spicer) la Pythonisse (Dominique Visse)





C'est bien la première fois, lors d'un opéra qu'une larme coula sur ma joue sans crier gare ! Je connaissais un peu la musique de Charpentier (Médée), j'avais écouté des extraits de ce David et Jonathas sur CD. Il faut dire que William Christie est un spécialiste de ce compositeur, d'ailleurs il a donné à son orchestre le nom d'un opéra de son auteur préféré, les Arts Florissants.

J'ai donc été subjuguée par la mise en scène et le jeu des chanteurs-comédiens qui nous ont fait vivre des moments intense d'émotion  et toujours cette musique qui souligne d'une façon magistrale cette tragédie humaine faite d'orgueil, de jalousie, de soif de pouvoir, d'inévitables conflits qui se finalisent toujours en guerre mais aussi de fidélité, d'authenticité et d'amour…
Les chœurs servaient à ravir la tragédie et la musique de Charpentier et vivaient les scènes avec tant de conviction que s'en était poignant. Quand la foule d'un seul élan pleure le destin cruel des héros…






La sobriété, c'est le moins que l'on puisse dire, du décor m'a intriguée au début puis, entrée dans l'histoire, il était là pour souligner, encadrer, amplifier ou au contraire enfermer le tragique qui se jouait sur la scène. Ce n'est plus du tout le grand siècle de Louis XIV !!!! Et pourquoi pas ? Derrière moi "on" disait qu'ils auraient pu au moins peindre les cloisons en blanc ou gris !!!
Un bel exemple de l'utilité de ce décor coulissant : La scène de la Pythonisse qui prédit à Saül un destin tragique est absolument édifiante de surréalisme. Le drame se joue ici par la multiplicité de ce personnage féminin (le seul de la tragédie) flanqué d'un tablier, palanquée de sorcières habillées de la même façon, déambulant d'une pièce à l'autre et se retrouvant à chaque fois face au roi Saül, qui ne sait plus où donner de la tête… Regardez les extraits avec le lien plus haut.











Enthousiasmée je fus par l'expressivité des deux amis et de ceux qui les entouraient, que ce soit dans les monologues de Jonathas ou David, de Saül, de Joabel sans oublier la sorcière (la Pythonisse, ) et les duetti entre les deux héros et entre Saül et son fils. Peut-être "un plus" pour Pascal Charbonneau, une voix de ténor (m'a-t-on dit) presque contre-ténor à mon avis mais bon je ne suis qu'une amateur,  et il a une diction parfaite, je n'ai pas eu besoin de lire le sur titrage !
Deux scènes m'ont particulièrement bouleversée; quand Jonathas doit choisir entre suivre son père ou son ami de cœur et, la dernière scène, lorsque David pleure Jonathas, blessé à mort, agonisant, étendu sur le sol…David a tout perdu, même son empire ne pourra jamais le consoler de la  perte de celui qu'il aimait et qui  l'aimait !
Bon, vous savez que j'aime l'opéra et je vous ai donné ici mes impressions.

Bon week-end à vous !




mercredi 6 février 2013

Quand le soleil se lève en soirée !


On se croirait au mois de mars ! Me glissa la boulangère comme si elle ne voulait pas prononcer son "ras le bol" de la pluie qui ne nous quitte pas depuis…
Mais regardez, le soleil vient de se lever en soirée !!!

Juste le temps d'attraper mon APN en rentrant à la maison et ma chienne me suivant, je partais à grands pas dans les champs pour voir le spectacle lumineux d'un soir d'hiver après une journée de pluie et de grêle… Prenez vos bottes car dans les herbages ça fait "ploc, ploc, ploc !!!!





Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !




Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son œil comme un cœur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !







Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons;







Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

Baudelaire






Deux concerts en ce début de semaine m'ont mis la joie au cœur, ce sera pour la prochaine fois !
En attendant je vous donne RV samedi, vous savez pour la photo de la semaine !





samedi 2 février 2013

Au bord de la Vire

 Ce sera ma participation à la photo de la semaine avec Amartia et ses aminautes


                                                             

Je n'aime pas les fêtes foraines mais la nuit, de loin, elles ont un côté mystérieux et  au bord de la Vire je me suis amusée à prendre quelques photos des lumières et leurs reflets et là j'étais à la fête!!!!







Heureux comme la truite remontant le torrent
Heureux le cœur du monde
Sur son jet d’eau de sang
Heureux le limonaire
Hurlant dans la poussière
De sa voix de citron
Un refrain populaire
Sans rime ni raison




Heureux les amoureux
Sur les montagnes russes
Heureuse la fille rousse
Sur son cheval blanc
Heureux le garçon brun
Qui l’attend en souriant




Heureux cet homme en deuil
Debout dans sa nacelle
Heureuse la grosse dame
Avec son cerf-volant
Heureux le vieil idiot
Qui fracasse la vaisselle






Heureux dans son carrosse
Un tout petit enfant
Malheureux les conscrits
Devant le stand de tir
Visant le cœur du monde
Visant leur propre cœur
Visant le cœur du monde

En éclatant de rire.

Fête foraine
Jacques PRÉVERT
Recueil : "Paroles"





Une "aminaute" a fait du plus grand stand sa bannière, c'est ici. En fait, elle l'a changée aujourd'hui ! Maintenant, c'est la fête foraine un jour de neige !








 Vue de sous la passerelle




De l'autre côté de la passerelle, le vieux pont de pierres

mercredi 30 janvier 2013

Deux bleus tellement différents



Les "hauts de Hurlevent"  ou quand  la violence de la nature  rejoint celle des sentiments.

Je ne vous raconterai pas l'histoire de cette tragédie signée de Emily Brontë que vous connaissez sans doute

La réalisatrice, Andrea Arnold, filme une nature houleuse, désolée, sauvage, des paysages de landes  et de collines recouvertes de bruyères où le vent, la pluie et la boue règnent en maîtres.

Il n'y a pas de musique sauf à la toute fin mais tous les bruits de la nature, des animaux et des humains  renforcent l'atmosphère violente, sauvage, rustre parfois à la limite de l'insoutenable…
C'est une adaptation extrêmement violente, sombre qui m'a scotchée sans répit dans mon fauteuil jusqu'au mot "fin" avec une angoisse qui n'est partie qu'à la sortie !

Je n'ai pas aimé certains mouvements saccadés de la caméra qui filme au dos des personnages à en avoir le tournis et parfois l'insistance du flou. Par contre j'ai apprécié la beauté des prises de vue du paysage et des collines balayées par le vent et des personnages en particulier, Heathcliff et Cathy, à cheval, qui évoluent en harmonie avec les éléments.

J'avais pourtant lu le livre, adolescente et j'avais gardé un souvenir d'un amour impossible et romantique…
En fait c'est un film puissant, bouleversant, d'une beauté brute et sauvage à l'image de cet amour qui restera gravé encore longtemps dans ma mémoire !

Vous pouvez voir la bande annonce et le résumé du film



 Pour me changer les idées, en revenant à la maison, j'ai fouillé dans mes photos de voyage en Italie, vous vous souvenez, en Campanie et j'ai sélectionné celles-ci :



















samedi 26 janvier 2013

Petits bonheurs du jour

 La première visiteuse du petit matin


 Brouillard mais pas de pluie, bizarre !




Et pour finir cette petite série du samedi je vous offre ainsi qu'à Amartia et ses aminautes ce bouquet de tulipes blanches

Bon week-end !
                                                               

mardi 22 janvier 2013

Déjà la neige s'en est allée et a déjà laissé sa place à la …pluie

Que faire quand le ciel est désespérément blanc et que de nouveau la pluie tombe sur le jardin transi ?
Jouer en noir et blanc ou jouer avec le noir et le blanc, comme vous voulez !!!!





  
 A travers la tempête, et la neige, et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir.


Charles Baudelaire 







Les vases ont des fleurs de givre,
Sous la charmille aux blancs réseaux ;
Et sur la neige on voit se suivre
Les pas étoilés des oiseaux.


Théophile Gauthier





Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.


Charles Baudelaire 






Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !

Alfred de Vigny 




Chemins 

Chemins qui ne mènent nulle part
entre deux prés,
que l'on dirait avec art
de leur but détournés,

chemins qui souvent n'ont
devant eux rien d'autre en face
que le pur espace 
et la saison.


Rainer-Maria Rilke 






En hiver la terre pleure 

En hiver la terre pleure ; 
Le soleil froid, pâle et doux, 
Vient tard, et part de bonne heure, 
Ennuyé du rendez-vous. 

Leurs idylles sont moroses. 
- Soleil ! Aimons ! - Essayons. 
O terre, où donc sont tes roses ? 
- Astre, où donc sont tes rayons ?


Il prend un prétexte, grêle, 
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : - C'est la nuit, ma belle ! 
- Et la fait en s'en allant ;


Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud, 
Et, ne sachant plus que dire, 
S'en va le plus tôt qu'il peut.


Victor Hugo