Voilà, ce sera elle ma photo de la semaine !!!! Avec Amartia !!!!!!!
Mardi soir, nous prenons le chemin du théâtre de Caen que
nous avons quitté la veille pour un autre concert…
Ce soir-là, c'était la tragédie lyrique ou l'opéra tragique
en cinq actes de Marc-Antoine Charpentier, compositeur français du 17 e siècle.
Il s'était démarqué de Lully, son contemporain et vedette du moment.
Cet opéra fut donné pour la première fois sous sa forme
scénique à Aix en Provence, l'été dernier. Sous la baguette de William Christie, accompagné par ses
musiciens et par une pléiade de jeunes
talents, de son jardin des voix.
Sans aucune prétention, je vais vous relater mon ressenti
par rapport à cette œuvre de Charpentier,
David et Jonathas . Si vous voulez en savoir plus de
l'histoire c'est
ici.
J'ai été captivée par
cette histoire revisitée qui date d'avant J.C. puisqu'elle est tirée de
l'ancien testament. L e cinquième acte m'a carrément bouleversée, par la
musique bien sûr mais aussi par le jeu et la qualité des voix des chanteurs :
Jonathas (Ana Quintans ), David (Pascal Charbonneau) et Saûl (Neal Davies) et Joabel (Kresimir Spicer) la Pythonisse
(Dominique Visse)
C'est bien la première fois, lors d'un opéra qu'une larme
coula sur ma joue sans crier gare ! Je connaissais un peu la musique de
Charpentier (Médée), j'avais écouté des extraits de ce David et Jonathas sur CD.
Il faut dire que William Christie est un spécialiste de ce compositeur,
d'ailleurs il a donné à son orchestre le nom d'un opéra de son auteur préféré,
les Arts Florissants.
J'ai donc été subjuguée par la mise en scène et le jeu des
chanteurs-comédiens qui nous ont fait vivre des moments intense d'émotion et toujours cette musique qui souligne d'une
façon magistrale cette tragédie humaine faite d'orgueil, de jalousie, de soif de
pouvoir, d'inévitables conflits qui se finalisent toujours en guerre mais aussi
de fidélité, d'authenticité et d'amour…
Les chœurs servaient à ravir la tragédie et la musique de
Charpentier et vivaient les scènes avec tant de conviction que s'en était
poignant. Quand la foule d'un seul élan pleure le destin cruel des héros…
La sobriété, c'est le moins que l'on puisse dire, du décor
m'a intriguée au début puis, entrée dans l'histoire, il était là pour souligner,
encadrer, amplifier ou au contraire enfermer le tragique qui se jouait sur la
scène. Ce n'est plus du tout le grand siècle de Louis XIV !!!! Et pourquoi pas
? Derrière moi "on" disait qu'ils auraient pu au moins peindre les
cloisons en blanc ou gris !!!
Un bel exemple de l'utilité de ce décor coulissant : La
scène de la Pythonisse qui prédit à Saül un destin tragique est absolument
édifiante de surréalisme. Le drame se joue ici par la multiplicité de ce
personnage féminin (le seul de la tragédie) flanqué d'un tablier, palanquée de
sorcières habillées de la même façon, déambulant d'une pièce à l'autre et se
retrouvant à chaque fois face au roi Saül, qui ne sait plus où donner de la tête…
Regardez les extraits avec le lien plus haut.
Enthousiasmée je fus par l'expressivité des deux amis et de
ceux qui les entouraient, que ce soit dans les monologues de Jonathas ou David,
de Saül, de Joabel sans oublier la sorcière (la Pythonisse, ) et les duetti
entre les deux héros et entre Saül et son fils. Peut-être "un plus"
pour Pascal Charbonneau, une voix de ténor (m'a-t-on dit) presque contre-ténor
à mon avis mais bon je ne suis qu'une amateur, et il a une diction parfaite, je n'ai pas eu
besoin de lire le sur titrage !
Deux scènes m'ont particulièrement bouleversée; quand
Jonathas doit choisir entre suivre son père ou son ami de cœur et, la dernière
scène, lorsque David pleure Jonathas, blessé à mort, agonisant, étendu sur le
sol…David a tout perdu, même son empire ne pourra jamais le consoler de la perte de celui qu'il aimait et qui l'aimait !
Bon, vous savez que j'aime l'opéra et je vous ai donné ici
mes impressions.
Bon week-end à vous !