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mercredi 14 octobre 2015

Quand l'automne s'installe vraiment au jardin...

Faire quelques pas au jardin, quand le ciel veut bien nous donner encore la clarté des beaux jours et les merveilleuses couleurs d'automne. En compagnie des mots d'Anna de Noailles ! C'est comme vous voulez !


Les saisons de l'amour
Le gazon soleilleux est plein 
De campanules violettes, 
Le jour las et brûlé halète 
Et pend aux ailes des moulins.




La nature, comme une abeille,
Est lourde de miel et d'odeur,
Le vent se berce dans les fleurs
Et tout l'été luisant sommeille.




Ô gaieté claire du matin
Où l'âme, simple dans sa course,
Est dansante comme une source
Qu'ombragent des brins de plantain !




De lumineuses araignées
Glissent au long d'un fil vermeil,
Le cœur dévide du soleil
Dans la chaleur d'ombre baignée.




 - Ivresse des midis profonds, 
Coteaux roux où grimpent des chèvres,
Vertige d'appuyer les lèvres
Au vent qui vient de l'horizon ;




Chaumières debout dans l'espace
Au milieu des seigles ployés,
Ayant des plants de groseilliers
Devant la porte large et basse...





- Soirs lourds où l'air est assoupi,
Où la moisson pleine est penchante,
Où l'âme, chaude et désirante,
Est lasse comme les épis.




Plaisir des aubes de l'automne,
Où, bondissant d'élans naïfs,
Le cœur est comme un buisson vif
Dont toutes les feuilles frissonnent !



Nuits molles de désirs humains,
Corps qui pliez comme des saules,
Mains qui s'attachent aux épaules,
Yeux qui pleurent au creux des mains.



- Ô rêves des saisons heureuses,
Temps où la lune et le soleil
Écument en rayons vermeils
Au bord des âmes amoureuses...




jeudi 23 octobre 2014

Prendre le temps de vivre

LE TEMPS DE VIVRE

Déjà la vie ardente incline vers le soir,
Respire ta jeunesse,
Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,
De l'aube au jour qui baisse


Garde ton âme ouverte aux parfums d'alentour,
Aux mouvements de l'onde,
Aime l'effort, l'espoir, l'orgueil, aime l'amour,
C'est la chose profonde ;



Combien s'en sont allés de tous les cœurs vivants
Au séjour solitaire,
Sans avoir bu le miel ni respiré le vent
Des matins de la terre,




Combien s'en sont allés qui ce soir sont pareils
Aux racines des ronces,
Et qui n'ont pas goûté la vie où le soleil
Se déploie et s'enfonce !






Ils n'ont pas répandu les essences et l'or
Dont leurs mains étaient pleines,
Les voici maintenant dans cette ombre où l'on dort
Sans rêve et sans haleine.






- Toi, vis, sois innombrable à force de désirs,
De frissons et d'extase,
Penche sur les chemins, où l'homme doit servir,
Ton âme comme un vase ;





Mêlée aux jeux des jours, presse contre ton sein 
La vie âpre et farouche ;
Que la joie et l'amour chantent comme un essaim 
D'abeilles sur ta bouche.




Et puis regarde fuir, sans regret ni tourment, 
Les rives infidèles, 
Ayant donné ton coeur et ton consentement 
A la nuit éternelle...

Anna de Noailles



Je trouve que c'est pas mal les vacances en octobre quand le soleil et la chaleur sont au rendez-vous dans les ruelles de ces petits villages silencieux et devant le spectacle de la campagne qui nous fait rêver...

 Chemin faisant je déguste avec volupté les petits plaisirs d'arrière saison et les beautés de cette campagne immuable...

 A bientôt, je ne vous oublie pas !