Le festival "
Étonnants voyageurs" à Saint Malo revenait au devant de la scène ce week-end de Pentecôte encore plus riche de thèmes, dans un éventail de domaines qui se croisent, ici, exactement : littérature, poésie, gastronomie, imaginaire, musique, cinéma, photographie…
Une
copinaute, Margotte, rencontrée là-bas trop rapidement me disait : "un jour ne suffit pas à explorer cette manifestation internationale, multiculturelle". Je lui répondais : "Trois jours non plus!"
Cette fois-ci aussi il a été question de choix car le festival étant victime de son succès, il ne fallait pas compter assister à deux interventions dans la matinée ou après midi, à moins de rester dans la même salle depuis le début des conférences, d'autant que les sites sont éparpillés dans la ville…
Oui le festival ne se résume surtout pas à un salon du livre et les rencontres foisonnent dans de multiples espaces.
Cette année, je me suis essentiellement partagée entre la tente des "saveurs du monde" et l'école de la marine, sans oublier le salon des livres et pour terminer ce week-end dans la rotonde où l'on a pu admirer des expositions de photographies et peintures.
"Plaisirs de langue, plaisirs de bouche" fut le premier thème abordé avec Olivier Roellinger, le grand chef "trois étoiles" et son invitée Radhika Jha.
Radhika Jha, jeune écrivain indienne ("Des lanternes à leurs cornes attachées", "le cuisinier, la belle et les dormeurs", "l'odeur") m'a vivement intéressée et donné envie de visiter son pays.
Elle nous parla de ses quatre livres et surtout de la tradition culinaire de son pays où "l'on cuisine pour se détacher de l'animal en nous", où "la cuisine est une danse pour équilibrer le chaos" et "la saveur, création et pouvoir de l'homme".
Comment décrire cette auteure sinon comme une citoyenne du monde, d'origine orientale; indienne qui considère la danse indienne (l'odissi) comme son "ancre". Elle revendique son identité car pour elle, être née quelque part est très important (elle est née à Delhi, a vécu, au Kenya, à Paris, à Londres et maintenant au Japon)
La culture indienne où tout se discute, n'a pas d'idée fixe et Jha pense que la simplicité est la vertu la plus difficile à atteindre.
Elle nous conta aussi le rôle sacré de la vache, mère nourricière, Gao Mata c'est-à-dire la mère des vaches, comme une mère universelle, pleine de douceur qui donne son lait à tous, protégée parce que sacrée. Elle est le pilier de la civilisation indoue. C'était la présentation de son dernier livre "des lanternes à leurs cornes attachées"
Les thèmes suivants furent abordés :
L'ambiguïté de la cuisine, tuer et nourrir
Le chef cuisinier comme un chasseur, un grand prêtre qui prépare des potions magiques
La cuisine comme un ballet, comme un théâtre (le raffinement de la cuisine indienne!)
A la recherche des épices, des odeurs d'encens, le parfum de l'épice permet d'entrer en relation avec l'au-delà….
Olivier Roellinger aborda la création des caravelles par les occidentaux qui partirent à la découverte des ces pays pour les évangéliser et en fait ils découvrirent un jardin d'Eden. On assistait là à une grande respiration entre l'Inde et l'Occident
Je ne connaissais pas encore cette auteure mais sa prestation m'a convaincue et je me suis précipitée sur le stand de son éditeur, Picquier, pour me procurer "l'odeur" qui est celui qui m'attire le plus, après on verra!
Et pour terminer aujourd'hui, je vous propose cette composition qui m'a beaucoup plu et vous?