L’exposition à Paris en
juin, ne m’avait pas suffi pour admirer les ciels d'Eugène Boudin. D’ailleurs j’étais
malade, deux blogueuses s’en souviennent.
Donc je suis allée les voir
dans la ville où il a vécu dans son enfance, au Havre. Et il pleuvait en
sortant du Musée Malraux, je n’ai pas pu y rencontrer un brin de nuages ni bleu
ni rose mais un ciel gris et blanc, très chargé et impassible…
Il y avait l'exposition Pissaro, un autre impressionniste mais ce ne sont pas ses bateaux qui ont retenu mon
regard, je savais qu’à l’étage du musée il y avait les fameux ciels de Boudin,
que j’aime à voir et revoir, tellement ils me rappellent les ciels que je vois, en vrai, presque tous les jours dans nos contrées normandes…
Boudin représente souvent «
de beaux et grands ciels tout tourmentés de nuages, chiffonnés de couleurs,
profonds, entraînants. Rien dessous s’il n’y a rien ».
Il parle de « ces ténèbres chaotiques,
ces immensités vertes et roses, suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces
fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou
déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu ». Nous dit le
critique d’art Baudelaire qui appréciait, oh combien ses toiles !
Charles Baudelaire écrivit
aussi : (s’agissait-il du Havre quand il rencontra Eugène Boudin ?)
« Un port est un séjour
charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture
mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des
phares sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les
lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la
houle imprime des oscillations harmonieuses servent à entretenir dans l’âme le
goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir
mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition,
à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces
mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont
encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.
Le va et vient des bateaux, dans la brume...
Quand le ciel se confond avec la mer...
Une seule silhouette au loin...
On peut se croire devant un
tableau abstrait. Monet comme d’autres peintres doivent beaucoup à E. Boudin (C’est
le sujet d’une autre exposition que j’ai vue à Saint Lô).
Les cabines solitaires sur la plage...
Moi, qui souvent m’arrête
devant un coucher de soleil, un ciel qui flamboie, un ciel qui grisonne, un
ciel qui passe à toute allure, un ciel qui plombe l’horizon, je devais rendre
un hommage, sur mon blog, à ce véritable « roi des ciels », Eugène Boudin qui a
su transcrire à la perfection, entre autres, des éléments aussi changeants que
la lumière et les nuages au-dessus de la mer et de la campagne.
Il n'y avait pas un seul nuage, ce jour-là !!!!
D’autres ciels nous emmenèrent jusqu’à ce port que vous devez reconnaître rapidement. Ce sera le sujet d’un
autre billet…