lundi 9 décembre 2013

Par l'ombre et la lumière


Par la forêt, je vous emmène, si vous voulez, ce sera ma façon cette fois-ci de vous remercier de tous vos derniers commentaires qui me font suivre ce chemin du blog avec allégresse !

Elles (Iris et Marie-Paule) voulaient entendre crisser les feuilles, les voir s'envoler sous leurs pas, donc aujourd'hui,  nous baisserons les yeux pour observer ce qui se passe sous les arbres de la forêt, par l'ombre et la lumière…








La forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! Je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler…

François-René de Chateaubriand






Forêts
Vastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes,
Quel infaillible instinct nous ramène toujours
Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours
Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?

Le murmure éternel de vos larges rameaux
Réveille encore en nous, comme une voix profonde,
L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,
Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.

Grands bois, vous nous rendez à la Sainte Nature.
Et notre cœur retrouve, à votre âme exalté,
Avec le jeune amour l’antique liberté,
Grands bois grisants et forts comme une chevelure !

Vos chênes orgueilleux sont plus durs que le fer ;
Dans vos halliers profonds nul soleil ne rayonne ;
L’horreur des lieux sacrés au loin vous environne,
Et vous vous lamentez aussi haut que la mer !

Quand le vent frais de l’aube aux feuillages circule,
Vous frémissez aux cris de mille oiseaux joyeux ;
Et rien n’est plus superbe et plus religieux
Que votre grand silence, au fond du crépuscule...


Albert Samain







Automne.
Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre cœur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.

Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.

Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée…

Albert Samain












Automne malade
Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers
Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé
Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule


Guillaume Apollinaire




samedi 7 décembre 2013

C'était hier

C'était hier, dans la forêt, je marchais sur un immense tapis de feuilles et au-dessus des arbres...

Ce sera ma photo de la semaine avec Amartia et sa farandole du samedi :



J'anime la rubrique






mardi 3 décembre 2013

L'automne n'est pas fini !

Traverser la forêt





 Arriver en Mayenne et voir que l'automne est aussi au rendez-vous autour du lac 








De la fenêtre :



Retour 

vendredi 29 novembre 2013

La 100ème !!

Pour la 100ème photo de la semaine , pour une fois en avance, je vous propose ces trois photos, comme il est convenu avec Amartia et ses copinautes, photos de trois escapades dans deux pays ! Je pense que vous devinerez sans problème ces trois destinations !




Très bonne fin de semaine à tous et à bientôt

mardi 26 novembre 2013

Jours de novembre


 L'automne

On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C'est une branche, tout à coup,
Qui s'effeuille dans votre cou.

C'est un petit arbre tout rouge,
Un, d'une autre couleur encor,
Et puis, partout, ces feuilles d'or
Qui tombent sans que rien ne bouge.

Nous aimons bien cette saison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.

Lucie DELARUE-MARDRUS (1874-1945)





Comme je vous l'avais déjà mentionné en réponse à certains commentaires de mon dernier billet, je n'ai pas encore trouvé à qui appartient ce terrier et qui laisse un chemin dans les herbes depuis quelques semaines. Il faudrait guetter la nuit mais il fait trop froid !!!! Un renard ou un blaireau ou un gros lièvre ?

A suivre donc !




Quelques photos rapportées de la forêt et de sa lisière. Est-ce une mare au diable comme celle de Nohant ?





 Le terrier


  Reflets sur la mare



 J'ai découvert une  auteure islandaise, Steinunn Sigurdardottir  ce vendredi à la médiathèque de  Saint Lô où elle présentait son nouveau livre "yo-yo" que je  n'ai pas encore lu et que je lirai mais pas de suite… Par contre je suis très attirée par deux autres titres de sa bibliographie "le cheval-soleil"  et "cent portes battant aux quatre vents". A suivre…




     Elle nous a lu en islandais un passage de son livre...



 Et comme vous le savez, les promenades en forêt nous mettent toujours en appétit alors je vous propose aujourd'hui, un velouté de potimarron-châtaignes et un fondant aux pommes.



J
  J'ai pris un potimarron au marché et ramassé un petit panier de châtaignes en forêt.
J'ai sorti des placards, deux gousses d'ail et un petit pot de crème fraîche et de l'huile pour ceux qui préfèrent, du sel, du poivre. Ah j'oubliais, des petites tranches de jambon pays !
Alors, vous voulez savoir comment j'ai fait :
J'ai coupé le potimarron moyen, pour quatre, en morceaux sans l'éplucher que j'ai fait cuire dans un litre d'eau bouillante avec un cube "bio" de poule pendant 25 mn et pendant ce temps les châtaignes cuisaient à l'eau pendant 20 mn après quoi je les épluchais (enlever les deux peaux bien sûr). J'ai mixé le potimarron avec les 2/3 des châtaignes directement dans la casserole. J'ai rectifié l'assaisonnement avec sel et poivre et une petite pointe de piment d'Espelette (ou gingembre frais, si vous aimez.)

Je l'ai servi dans des petites marmites avec un filet d'huile d'olive et un petit bout de jambon grillé au four et quelques miettes de châtaignes que j'avais mis de côté. Et voilà pour la soupe de saison !







 Le fondant aux pommes, que l'on peut faire aussi aux poires, je vous laisse choisir une bonne recette sur le web, la mienne je l'ai trouvée, voilà bien des années dans le fameux livre de Bertrand Raynaud "assiettes gourmandes" (on peut la lire ici)







C'était juste une journée en novembre… A bientôt



samedi 23 novembre 2013

Quelle est ma photo de la semaine ?


A vous de choisir ma photo de la semaine, à la suite d'Amartia et toute sa suite, ici


J'anime la rubrique


                              Qui est donc passé par là ?






 Il pleut, il mouille, non, c'est vrai !!!!


 Très bonne fin de semaine à vous

mardi 19 novembre 2013

Entre forêt et herbages

 Tandis que la forêt flamboie depuis quelques jours...




dans l'herbage, le frêne perd ses feuilles à vitesse grand V sans qu'elles soient passées par la case jaune...



"Frêne hautain, forestier et champêtre


L'arbre premier de tant d'arbres divers,

L'arbre immortel au renom de mes vers,..."

Jean VAUQUELIN DE LA FRESNAYE

Poème proposé par Aloïs









Et proposé par Tilia :

Yggdrasil, l'arbre cosmique de la mythologie nordique, est un immense frêne. Jacques Lacarrière a composé un poème à la gloire de ce frêne fantastique :

Je suis né d’un songe de la terre rêvant qu’elle s’unissait au ciel.
J’ai grandi dans l’ombre inquiète de racines toujours assoiffées d’obscur.
Et j’ai fleuri dans l’allégresse de la sève et l’offertoire des frondaisons.
Je suis l’axe du monde, vivant défi des temps carbonifères. L’alliance de l’ombre et de l’éclair, le tremplin des orages, l’esprit des sources et des souffles.
Je suis le sommeil et l’éveil, le silence et la symphonie.
Je suis l’oratoire des astres, et mes feuillages s’impatientent des apocalypses à venir.
J’abrite en mes branches l’aspic et l’alouette, l’ogre et l’océanide, le singe et la sylphide, le ver et la vestale.
J’abrite l’hier des fauves, le présent des oiseaux et le demain des hommes.
J’abrite le nid des anges et les couvées du ciel.
Je suis l’axe du monde.


Le frêne majestueux de tes photos, Enitram, illustre bien ce poème (à écouter ici).





 Et quand le soir descend, le ciel daigne se teindre en bleu avec de drôles petits nuages !


L'automne s'enfuit déjà à tire-d'aile...