Par
la forêt, je vous emmène, si vous voulez, ce sera ma façon cette fois-ci de
vous remercier de tous vos derniers commentaires qui me font suivre ce chemin
du blog avec allégresse !
Elles
(Iris et Marie-Paule) voulaient entendre crisser les feuilles, les voir
s'envoler sous leurs pas, donc aujourd'hui, nous baisserons les yeux pour observer ce qui
se passe sous les arbres de la forêt, par l'ombre et la lumière…
La forêt
Forêt silencieuse, aimable
solitude,
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! Je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler…
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! Je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler…
François-René de Chateaubriand
Forêts
Vastes Forêts, Forêts
magnifiques et fortes,
Quel infaillible instinct nous ramène toujours
Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours
Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?
Le murmure éternel de vos larges rameaux
Réveille encore en nous, comme une voix profonde,
L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,
Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.
Grands bois, vous nous rendez à la Sainte Nature.
Et notre cœur retrouve, à votre âme exalté,
Avec le jeune amour l’antique liberté,
Grands bois grisants et forts comme une chevelure !
Vos chênes orgueilleux sont plus durs que le fer ;
Dans vos halliers profonds nul soleil ne rayonne ;
L’horreur des lieux sacrés au loin vous environne,
Et vous vous lamentez aussi haut que la mer !
Quand le vent frais de l’aube aux feuillages circule,
Vous frémissez aux cris de mille oiseaux joyeux ;
Et rien n’est plus superbe et plus religieux
Que votre grand silence, au fond du crépuscule...
Quel infaillible instinct nous ramène toujours
Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours
Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?
Le murmure éternel de vos larges rameaux
Réveille encore en nous, comme une voix profonde,
L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,
Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.
Grands bois, vous nous rendez à la Sainte Nature.
Et notre cœur retrouve, à votre âme exalté,
Avec le jeune amour l’antique liberté,
Grands bois grisants et forts comme une chevelure !
Vos chênes orgueilleux sont plus durs que le fer ;
Dans vos halliers profonds nul soleil ne rayonne ;
L’horreur des lieux sacrés au loin vous environne,
Et vous vous lamentez aussi haut que la mer !
Quand le vent frais de l’aube aux feuillages circule,
Vous frémissez aux cris de mille oiseaux joyeux ;
Et rien n’est plus superbe et plus religieux
Que votre grand silence, au fond du crépuscule...
Albert Samain
Automne.
Le vent tourbillonnant, qui
rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre cœur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée…
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre cœur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée…
Albert Samain
Automne malade
Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan
soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers
Pauvre automne
Meurs en blancheur et en
richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux
cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé
Et que j’aime ô saison que
j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans
qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui
pleurent
Toutes leurs larmes en
automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule
Guillaume Apollinaire
Cette profusion d'arbres, de feuilles, de mousse pour une touche plus vive et les mots d'Apollinaire, c'est le bonheur!
RépondreSupprimerJe ne suis pas sortie aujourd'hui mais grâce à toi j'ai fait ma balade et l'air de ta forêt est bien plus sain que celui d'Athènes! En voyant le chemin bien ...plat et les rayons de soleil, j'ai une très grande envie de promenade à bicyclette, de foncer vers l'horizon... A cheval cela ne doit pas non plus être mal...
Un grand merci Martine et de très grosses bises!
Nous avons effectivement de belles allées cavalières et c'est un vrai plaisir d'y aller faire un petit galop...
SupprimerLa marche avec ma chienne est aussi une vraie sortie sportive !!!
Belle journée à toi ! Je t'embrasse
j'ai retrouvé la cabane de mon enfance et avec elle toute la magie de la forêt
RépondreSupprimerAh oui, les cabanes quand on jouaient aux indiens !!!!
SupprimerSomptueux...
RépondreSupprimerApollinaire est un de mes poètes préférés.
J'ai appris autrefois l e deuxième poème d'Albert Samain- Et comme je me sens proche de Chateaubriand...
N'y a -t-il il pas , en balade, le lutin de la forêt sur la 6 ?
Une simple balade dans la forêt fait de belles photos et nous fait respirer à pleins poumons !!!
SupprimerJ'ai aussi appris cette poésie de A Samain, et à chaque fois que je la revois, je m'imagine dans le Bois de Verrière en automne quand nous allions ramasser les châtaignes !
Chateaubriand comme Apollinaire ont su nous faire rêver avec leurs mots, plus tard...
C'est ma chienne qui fait le lutin !!!
La cabane me fait penser à celle vue dans la forêt de Villecartier en Bretagne...
RépondreSupprimerAutrement ces belles forêts bien nettoyées, toutes jolies et ces arbres qui s'y plaisent tant ils nous savent nous montrer combien le bonheur est précieux
Merci
bises
La forêt de Cerisy est bien gérée et bien entretenue, c'est très agréable de s'y balader sans se faire piquer par les ronces ou autres épineux...
SupprimerAvec les arbres, j'aime respirer, près d'eux... Et je joue à cache-cache avec ma chienne!!!
Belle journée ! Bises
somptueuse forêt et admirable promenade j'ai marché dans tes pas jusqu'à Apollinaire... (notre petite forêt s'appelle Saint Apolline !)
RépondreSupprimerdes moments précieux et ressourçant en ta compagnie Martine
Tout le plaisir était aussi de partager ma promenade !!
SupprimerNos forêt nous enchantent, ici comme ailleurs !
A bientôt ! Bises
Quelle belle et poétique promenade, c'est superbe, une gentille attention de ta part de nous avoir concocté ce chemin de mots et d'images
RépondreSupprimerQuand la forêt s'en va vers l'hiver, il est encore temps de s'y perdre avec bonheur !!! Surtout quand le soleil est au rendez-vous !!!
SupprimerJ'aime beaucoup la cabane :-)
RépondreSupprimerMoi aussi !!!
SupprimerQuel magnifique et poétique post! J'adore! j'ai l'impression de marcher dans les sous-bois avec toi et de
RépondreSupprimersentir les feuilles craquer sous mes pas..
Marcher lentement comme sur un matelas de feuilles, un vrai régal !!!
SupprimerA bientôt Malyss !
Tu nous emmène dans une superbe balade dans ta forêt et tu accompagnes tes photos de bien jolis mots.
RépondreSupprimerUn préférence pour Chateaubriand et pour la belle allée cavalière.
Bises Martine.
Bon mardi
Oui, il est agréable de trottiner dans les allées cavalières et quelques cavaliers font des kilomètres avec le van pour profiter de ces allées...
SupprimerChateaubriand savait magnifier la nature par ses mots... Je le relis volontiers...
Bonne journée !
Bises avec un brin de soleil
Que dire devant tant de beauté ! J'aime ces alignements d'arbres en ce moment, les détails ressortent, les matières, les couleurs, et les poèmes accompagnent merveilleusement. Merci pour ce cadeau Martine.
RépondreSupprimerC'est vrai que la forêt est belle en toutes saisons et en ce moment voir le ciel bleu entre les branches est un double plaisir !!! Il fallait bien que je vous remercie pour tous vos commentaires car j'avais pris quelque retard et...
SupprimerJ'aime beaucoup le doré de ces feuilles, une forêt de contes de fées...
RépondreSupprimerBises, Martine, très bonne journée !
Des fées et des lutins, l'imagination galope en ces lieux !!!!
SupprimerTrès bonne soirée ! Bises
Bonjour,
RépondreSupprimeraaah .... Chateaubriand et Guillaume Apollinaire: a) Chateaubriand: j'ai lu les mémoires de Chateaubriand. Il me fascine parce qu'il relie la poesie et la politique (il était quelques années ministre) b) Guillaume Apollinaire: j'ai lu son nom sur le château de Rolandseck (c'est chez nous sur le Rhin). C'est une inspiration très intéressante comment cet écrivain francais est venu au Rhin.
Bonne journée d'Allemagne
Dieter
Ravie que tu apprécies ces écrivains qui ont su chanter la forêt de belle façon !
SupprimerJe ne connais pas le château de Rolandseck mais je pense qu'il doit être romantique, au bord du Rhin...
Belle soirée !
A bientôt
Une belle forêt que j'ai traversée par une lumineuse journée
RépondreSupprimerAlbert Samain est une source inépuisable pour illustrer ces bonheurs du jour
Je pense qu'avec le froid de ces derniers jours les feuilles vont vite tomber hélas
Je t'embrasse et te souhaite une belle journée ensoleillée je pense
Tout à fait, la traverser par la route est déjà un moment fort plaisant et parfois on y rencontre au détour d'un chemin un chevreuil ou deux biches sautant le fossé...
SupprimerHélas, le givre et le froid font tomber les dernières feuilles, celles des chênes résistent encore...
Albert Samain est toujours un bonheur de lecture pour qui apprécie les beautés de la nature. Bien d'accord !!!
Oui, la journée fut belle, dommage je n'ai pas pu aller marcher...
Je t'embrasse. Bonne soirée !
Magnifique post, Très belle forêt comme celle d'ici. En automne, c'est magnifique, surtout avec un rai de soleil.
RépondreSupprimerVoici pour un peu plus tard.
J'ai revu ma forêt, captive des hivers,
S'émerveiller molllement à de tièdes haleines :
Déjà, dans l'air plus bleu, les grands arbres sont verts
Et le parfum des bois s'exhale vers les plaines.
F.Severin, Un chant dans l'ombre.
Je retiens cette poésie pour une prochaine fois... La forêt se laisse admirer à toutes saisons et même l'hiver lui donne un petit air presque joyeux, quand tout est blanc !!!
SupprimerBelle soirée !
La forêtt a un autre éclat en hiver lorsque les feuilles des arbres sont tombées et j´aime aussi cettte clarté soudaine, on peut admirer le ciel, et surout on voit plus facilement les champignons, les oiseaux...
RépondreSupprimerBeau Décembre à toi Enitram.
Malheureusement le froid fait courir les champignons, ne les vois-tu pas fuir sur la tête des lutins !!! C'est bientôt Noël !!!!
SupprimerTu te fais bien rare chère Chantal !!!
Très bonne soirée !
En forêt nous allons, en forêt, je te suis bien volontiers, on y est si bien...
RépondreSupprimerC'est magique cette ambiance, ces couleurs, ces atmosphères, ces lumières, on entend presque les feuilles craquer sous nos pas, rien qu'en admirant tes superbes photos !
Merci Martine, pour les mots des poètes et pour les photos
Bisous
Ravie que cette atmosphère forestière te plaise autant !!!
SupprimerL'automne s'enfuit si vite maintenant et l'hiver approche de plus en plus vite... Il faut dire que Noël est bientôt à notre porte...
Le temps s'écoule et je te souhaite une très bonne soirée.
Bisous
Avec ou sans leurs feuillages, les forêts sont comme des cathédrales ... Magnifiant la lumière entre leurs futs ... Incitant à l'élévation du regard et de l'âme vers les voûtes de leurs branches ... Là le chant des oiseaux répond à celui des anges ... Chateaubriand et Samain l'expriment de la plus belle manière, et tu nous offres, avec ce billet et ses prédécesseurs, de merveilleux instants d'éternité ...
RépondreSupprimerMerci Martine pour ces très beaux partages !...
Douce fin de semaine à toi, et grosses bises.
A bientôt...
NiNa-Lou
Baudelaire a bien vu ces cathédrales végétales dans les "fleurs du mal" et dans ce poème :
SupprimerGrands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
"Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos cœurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis..."
Mais c'est vrai que je n'aime pas quand le vent souffle entre les futs...
Je préfère, il est vrai, entendre les oiseaux chanter dans l'azur, au-dessus de ces arbres glorieux...
Belle journée à toi !
Bises
Un très beau sujet que celui de la forêt...Les arbres sont des personnages qui savent donner leurs énergies à ceux qui les aiment...Merci aussi pour ces petites révisions de poèmes toujours merveilleux à redécouvrir
RépondreSupprimerBisous Martine
Oui un sujet sans fin...
SupprimerEt on n'en a jamais fini avec les arbres et la poésie !!!
A bientôt !
Bisous et bonne fin de semaine
ouf! l'avion file vers le sud! Apollinaire a ma préférence....bizz
RépondreSupprimerLà c'était vers l'ouest, il rattrapait le coucher du soleil.... Mais cela pourrait être le sud !!!! Bizz
SupprimerCes arbres sont magnifiques! Une belle promenade poétique! Bisou Martine.
RépondreSupprimerJe te souhaite de belles fêtes de fin d'année avec ta choupinette qui doit attendre Papa Noël avec impatience:)
Coucou Hirondelle ! Comment vas-tu ? Cela fait si longtemps...
SupprimerJe vois que ton blog est en pause depuis un moment...
Merci ! Bien sûr que ma choupinette sera avec nous à Noël ! Demain je vais au goûter de Noël dans son école !!!
Je t'embrasse et te souhaite un très beau Noël
ici on se ressource dans la nature et la poésie toujours bien choisie.
RépondreSupprimerOn s'y ressource !!! Merci !!!!
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