Je ne pouvais pas faire
autrement que de l'emprisonner dans ma boîte…
Oui, la nuit tombe vite mais
le soleil nous réserve parfois de sacrés beaux spectacles et ce soir-là ce fut
un coucher en grandes pompes !!!!
Nuit d'hiver
I
Comme la nuit tombe vite !
Le jour, en cette saison,
Comme un voleur prend la fuite,
S’évade sous l’horizon.
Il semble, ô soleil de Rome,
De l’Inde et du Parthénon,
Que, quand la nuit vient de l’homme
Visiter le cabanon,
Tu ne veux pas qu’on te
voie,
Et que tu crains d’être pris
En flagrant délit de joie
Par la geôlière au front gris.
Pour les heureux en démence
L’âpre hiver n’a point d’effroi,
Mais il jette un crêpe immense
Sur celui qui, comme moi,
Rêveur, saignant,
inflexible,
Souffrant d’un stoïque ennui,
Sentant la bouche invisible
Et sombre souffler sur lui,
Montant des effets aux
causes,
Seul, étranger en tout lieu,
Réfugié dans les choses
Où l’on sent palpiter Dieu,
De tous les biens qu’un jour fane
Et dont rit le sage amer,
N’ayant plus qu’une cabane
Au bord de la grande mer
Songe, assis dans
l’embrasure,
Se console en s’abîmant,
Et, pensif, à sa masure
Ajoute le firmament !
Pour cet homme en sa
chaumière,
C’est une amère douleur
Que l’adieu de la lumière
Et le départ de la fleur.
C’est un chagrin quand,
moroses,
Les rayons dans les vallons
S’éclipsent, et quand les roses
Disent : Nous nous en allons !...
Victor Hugo, Les quatre vents de l’esprit
Et
pourtant quelques roses encore comme des glaïeuls de Byzance, comme des
géraniums encore sur les rebords des fenêtres fleurissent timidement sous ce
soleil d'hiver, enfin presque…
Harmonie
du soir…